Wal-Mart et Microsoft, le duo gagnant pour TikTok?

Selon la chaîne américaine CNBC, TikTok est proche d’un accord avec un acheteur, à qui il vendrait ses opérations aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, pour un prix compris entre 20 et 30 milliards de dollars.
Photo: Anjum Naveed Associated Press Selon la chaîne américaine CNBC, TikTok est proche d’un accord avec un acheteur, à qui il vendrait ses opérations aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, pour un prix compris entre 20 et 30 milliards de dollars.

Le sort de TikTok aux États-Unis se précise, entre la démission de son directeur général américain et l’alliance formée par les géants Microsoft et Wal-Mart pour racheter le populaire mais menacé réseau social au groupe chinois ByteDance.

Les candidats à la reprise de l’application se bousculent depuis que le président Donald Trump a menacé de l’interdire si elle ne passait pas rapidement dans le giron d’une société américaine.

Wal-Mart a confirmé jeudi qu’il s’était allié avec Microsoft dans ses négociations déjà avancées pour acquérir la plateforme de partage de vidéos courtes, généralement humoristiques ou musicales.

Le géant des supermarchés se dit notamment intéressé par « les capacités de TikTok à intégrer le commerce en ligne et la publicité d’une façon bénéfique aux créateurs et aux utilisateurs sur d’autres marchés », dans un message transmis à l’AFP.

Selon la chaîne américaine CNBC, TikTok est proche d’un accord avec un acheteur, à qui il vendrait ses opérations aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, pour un prix compris entre 20 et 30 milliards de dollars. D’autres acquéreurs potentiels ont été cités dans la presse, dont Twitter et le groupe informatique Oracle, qui a reçu le soutien de Donald Trump.

Mais « Microsoft est le seul vrai chevalier blanc », selon l’analyste Dan Ives de Wedbush, qui envisage une opération entre 35 et 40 milliards. « Les autres piliers de la tech sont en difficulté auprès des régulateurs sur la question du respect de la concurrence. Le groupe de Redmond [siège social de l’entreprise, dans l’État de Washington] est le seul avec le trésor de guerre, l’infrastructure et le réseau de distribution pour trouver un accord », a-t-il expliqué dans une note.

Démission du patron

Donald Trump accuse depuis des mois, sans preuve, le très populaire réseau social de siphonner des informations sur ses utilisateurs américains pour le compte de Pékin, dans un contexte de vives tensions avec la Chine.

Il a signé deux décrets visant à forcer ByteDance à vendre rapidement les opérations américaines de TikTok, et a demandé qu’une partie du prix de la transaction revienne aux caisses de l’État, suscitant des critiques et un certain embarras.

L’application a porté plainte lundi contre le gouvernement américain, pour contester le décret du 6 août, qui lui interdit toute transaction avec des partenaires américains au-delà de 45 jours, au nom de la « sécurité nationale ». Mais la démission mercredi de Kevin Mayer, ancien de Disney et directeur général de TikTok depuis le mois de mai, affaiblit encore les chances du réseau de survivre sans maison mère américaine.

Dans une lettre aux employés, M. Mayer souligne à quel point « l’environnement politique a drastiquement changé » ces dernières semaines. « La mission pour laquelle j’ai été engagé —notamment diriger TikTok dans son ensemble — sera désormais très différente en raison de l’action du gouvernement américain qui pousse à vendre les activités aux États-Unis. » Vanessa Pappas, la responsable de la branche américaine, le remplacera temporairement.

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