Hydro-Québec: le projet de référendum au Maine jugé anticonstitutionnel

Hydro-Québec a toujours fait valoir que le projet, qui permettrait au Massachusetts de prendre ses distances quant à l’usage d’hydrocarbure, représenterait le retrait de plus de 700 000 véhicules de la circulation et créerait 1600 emplois au Maine pendant la construction. Il permettra aussi au producteur québécois d’écouler une partie des surplus d’énergie dont il dispose depuis plusieurs années.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Hydro-Québec a toujours fait valoir que le projet, qui permettrait au Massachusetts de prendre ses distances quant à l’usage d’hydrocarbure, représenterait le retrait de plus de 700 000 véhicules de la circulation et créerait 1600 emplois au Maine pendant la construction. Il permettra aussi au producteur québécois d’écouler une partie des surplus d’énergie dont il dispose depuis plusieurs années.

Le projet de référendum pour lequel militent des opposants du Maine à un projet d’Hydro-Québec et un partenaire américain est anticonstitutionnel, a estimé jeudi la Cour suprême de l’État, au grand dam des signataires d’une pétition qui avait récolté 66 000 noms.

Les opposants, qui craignent notamment les répercussions d’une ligne sur la nature et les paysages, entre autres dans le sentier des Appalaches, souhaitaient faire annuler le permis octroyé au projet par la Public Utilities Commission de l’État en mai 2019.

Le projet d’Hydro-Québec et de son partenaire, Central Maine Power, consistera à acheminer de l’électricité au Massachusetts. L’État américain et Hydro-Québec ont signé en 2018 un contrat qui prévoit l’achat de 9,45 TWh par année pendant 20 ans, une entente qui pourrait rapporter environ 10 milliards à Hydro-Québec.

Dans un communiqué envoyé par courriel, le groupe No CMP Corridor a indiqué qu’il évalue toutes ses options « juridiques, politiques et législatives » et que « cette bataille n’est pas terminée ».

Hydro-Québec a toujours fait valoir que le projet, qui permettrait au Massachusetts de prendre ses distances quant à l’usage d’hydrocarbures, représenterait le retrait de plus de 700 000 véhicules de la circulation et créerait 1600 emplois au Maine pendant la construction. Il permettra aussi au producteur québécois d’écouler une partie des surplus d’énergie dont il dispose depuis plusieurs années.

La construction de la ligne du côté américain commencera en principe dans la première moitié de 2021, après l’éventuelle réception des permis du U.S. Army Corps of Engineers et du département de l’Énergie des États-Unis. Du côté québécois, le projet est présentement à l’étude au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

« On est face à un projet qui, dès le début de nos démarches, a satisfait à toutes les exigences réglementaires au Maine », a dit en entrevue une porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent. « Et maintenant, la décision de la Cour suprême permet au New England Clean Energy Connect [NECEC] de continuer à cheminer. Le processus d’autorisation réglementaire n’est pas terminé, alors on va pouvoir poursuivre ce travail-là et on va également poursuivre nos discussions avec les gens du Maine pour continuer de faire comprendre les mérites du projet, tant au chapitre climatique qu’économique. »

Hydro-Québec estime également que le projet fait face à de la « désinformation » mise en avant par ses concurrents de l’industrie des énergies fossiles. Il s’agit là d’une référence à la présence, dans le paysage du débat, de Calpine et Vistra Energy, à l’origine d’un groupe baptisé Mainers for Local Power.

Par l’entremise de son compte Twitter, le NECEC a affirmé jeudi que le projet de ligne générera des retombées économiques de 573 millions $US pour l’État du Maine, un stimulant qui surviendra dans un contexte de relance. Pour les communautés par lesquelles passera la ligne en question, les retombées fiscales seront de 18 millions $US, selon l’organisation. « La décision de la Cour suprême du Maine est une victoire pour l’État et notre avenir, tant sur le plan environnement qu’économique », a poursuivi le NECEC.

L’opposition au projet s’est intensifiée en 2019, au moment où la récolte de signatures se préparait. Le président d’Hydro-Québec à l’époque, Éric Martel, avait affirmé à la radio de NPR qu’« il y a beaucoup de malentendus et c’est la raison pour laquelle Hydro-Québec a décidé de venir ici plus souvent dans les prochains mois, pour soutenir Central Maine Power (CMP), afin de répondre aux questions ».

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