La France championne de la relance post-COVID

La France est le pays qui a connu le plus fort rebond économique post-COVID-19, mais ce sursaut d’activité est à la merci d’une reprise de l’épidémie, révèle une étude.
Photo: Philippe Desmazes Agence France-Presse La France est le pays qui a connu le plus fort rebond économique post-COVID-19, mais ce sursaut d’activité est à la merci d’une reprise de l’épidémie, révèle une étude.

La France est le pays qui a connu le plus fort rebond économique post-COVID-19, grâce à la consommation des ménages, mais ce sursaut d’activité est à la merci d’une reprise de l’épidémie, révèle une étude du Boston Consulting Group publiée vendredi.

Le cabinet de conseil a élaboré, à partir des outils de l’intelligence artificielle, un indice composite permettant de mesurer, en temps réel, l’ampleur du rebond (recovery gap) par rapport à un niveau 100 d’avant-crise, et ce, pour neuf pays, dont la France, l’Allemagne, les États-Unis, le Japon et le Brésil.

Le 12 juillet, la France et l’Allemagne affichaient un score de 94, très proche du niveau d’avant la crise, suivies de l’Italie (91) et de l’Espagne (90), le Royaume-Uni étant à la traîne avec un score de 76. « Aujourd’hui, la France est le maillot jaune du rebond. Autant, elle était le pays européen qui avait le plus baissé, autant c’est celui qui remonte le plus vite », analyse Sylvain Duranton, directeur monde de BCG GAMMA, la branche de data science du cabinet.

Ainsi, après avoir chuté de 49 points, la consommation a rebondi en France de 45 points, à comparer avec une chute de 32 suivie d’un rebond de 27 pour l’Allemagne, qui n’a pas confiné aussi strictement sa population. Le secteur automobile, qui avait particulièrement souffert du confinement, repart aussi davantage en France (95) que chez ses voisins européens (90 en moyenne), « notamment grâce au plan de relance gouvernemental », note l’étude.

Cependant, « les deux mois qui viennent vont être une période charnière pour les économies européennes, car les niveaux d’activité sont entre 90 % et 95 % de ce qu’ils étaient pré-COVID, mais on observe un petit tassement de la reprise : soit on va continuer à croître pour atteindre, voire dépasser, les niveaux pré-crise avant la fin de l’année, soit au contraire, avec les craintes de reprise de l’épidémie, de reconfinement partiel, on va voir ces indicateurs chuter », souligne M. Duranton.

Inquiétude aux États-Unis

Si l’activité de nos voisins américains, qui n’ont pas connu de confinement généralisé, a beaucoup moins baissé (86) qu’en Europe, en revanche il n’y a pas d’indice de reprise et la consommation affiche même d’inquiétants signes de décrochage, tandis que le Japon se trouve, lui, dans une situation de stagnation complète.

Seule la Chine a retrouvé son niveau d’activité pré-COVID : « Dans ce pays, tous les secteurs […] sont en croissance par rapport à la même période de l’an passé », note l’étude du BCG, à l’exception du secteur du transport et de la logistique, dépendant de la reprise des exportations et importations.

Le Canada légèrement à la traîne

Selon d’autres indicateurs colligés par la Banque Nationale, le degré de réouverture de l’économie varie beaucoup d’un pays à l’autre dans un classement plaçant le Canada légèrement en retrait. Sur la base de la reprise des réservations au restaurant, le Canada affiche un taux d’un peu plus de 50 % sous le niveau de 2019, contre un niveau de 58 % pour la moyenne mondiale et de 60 % aux États-Unis.

En revanche, selon un indice de retour à la normale empruntant aux données de mobilité Google pour les commerces, les épiceries, le travail et le transport collectif, le Canada traîne quelque peu, se situant à environ 20 % sous le jour de la semaine correspondante dans la période du 3 janvier au 6 février. Les États-Unis et l’Espagne se retrouvent à un niveau similaire alors que le Royaume-Uni fait pire avec un retard de 30 %. Au sommet dans la liste de comparaison, l’Allemagne affiche un retard de 10 %, suivi de la France (15 %) et de la Suède (18 %).

Pour sa part le Québec se situe à 20 % sous son retour à la normale, après avoir touché un creux de 60 % à la mi-avril.

avec Le Devoir