Transat repart en vol

Transat parle d’un niveau d’activité se situant à environ 20% d’un programme estival normal.
Photo: iStock Transat parle d’un niveau d’activité se situant à environ 20% d’un programme estival normal.

Après 112 jours d’interruption, Air Transat a repris ses vols commerciaux jeudi, à échelle réduite. Le 23 juillet est jour de reprise des activités pour la composante aérienne du voyagiste Transat A.T. Après quelque quatre mois d’immobilisation, les activités aériennes reprennent avec trois vols internationaux (Montréal-Toulouse, Montréal-Paris et Toronto-Londres) et trois vols nationaux (Montréal-Toronto,Toronto-Montréal et Toronto-Vancouver). « D’ici le 2 août, c’est l’ensemble de son programme d’été réduit qui compte 24 liaisons sur quelque 20 destinations qui sera mis en œuvre », peut-on lire dans le communiqué.

« Les premiers vols sont assez bien remplis », a souligné Christophe Hennebelle, et les réservations sont bonnes sur des destinations comme la France, Haïti ou le Portugal. « On sent un réel intérêt des clients, même si la demande est encore loin de celle qu’on verrait lors d’un été normal. » Dans son courriel, le vice-président, ressources humaines et affaires publiques, rappelle également que la capacité du transporteur est évidemment beaucoup plus faible pour l’instant. Transat parle d’un niveau d’activité se situant à environ 20 % d’un programme estival normal, ce qui lui permet de rappeler progressivement environ 1000 des 4000 employés mis à pied temporairement au printemps, selon La Presse canadienne.

Annick Guérard, chef de l’exploitation de Transat A.T., a mis cette longue période d’inactivité en perspective, faisant un parallèle avec le 11 septembre 2001, soit « l’événement ayant le plus marqué et transformé notre industrie » dans les deux dernières décennies. « Déjà le 13 septembre, soit deux jours plus tard, Transat annonçait la reprise graduelle de ses vols. »

On sent un réel intérêt des clients, même si la demande est encore loin de celle qu’on verrait lors d’un été normal

 

Les plans pour la saison d’hiver ne sont pas encore arrêtés. Aussi Transat précise sur son site Web que les politiques d’annulations ont été assouplies. Si, le cas échéant, le voyagiste s’en remet toujours à une politique de crédit-voyage, ce crédit n’aura pas de date d’expiration et sera entièrement transférable.

Restrictions

Pour l’heure, le gouvernement canadien déconseille toujours les voyages non essentiels à l’extérieur du pays et la quarantaine de 14 jours demeure en vigueur pour les voyageurs arrivant au pays. « Les taux d’occupation sont meilleurs au départ du Canada qu’au retour. Nous espérons que le gouvernement canadien va assouplir les mesures d’accès au pays et de quarantaine, dans un esprit de réciprocité vis-à-vis des pays où la situation pandémique est sous contrôle », ajoute Christophe Hennebelle.

L’autre spécialiste canadien du voyage vacances, Sunwing, qui se concentre sur les destinations Soleil vers le sud, a entamé le processus de réouverture graduelle de ses sites hôteliers le 15 juillet, mais a prolongé la suspension de ses activités aériennes jusqu’au 31 août. Dans une entrevue accordée à BNN Bloomberg, à la fin du mois de juin, le président de la composante aérienne Sunwing Airlines, Mark Williams, estimait également que des barrières peuvent être levées de manière sécuritaire. Il évoquait des corridors avec des pays ayant, comme le Canada, maîtrisé la courbe de la pandémie et adopté des protocoles semblables aux nôtres.

Les compagnies aériennes et autres acteurs du transport aérien et de l’industrie touristique étaient alors signataires d’une lettre adressée à Ottawa. À leurs yeux, nombre des restrictions sur les voyages encore en application, visant principalement la fermeture des frontières à l’ensemble des visiteurs internationaux et l’obligation de quarantaine, n’ont plus leur raison d’être. Ils souhaitent une reprise des liens et un arrimage avec les pays ayant déjà mis en place des protocoles d’hygiène et de biosécurité.

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