Les voeux verts de Shell et Total se fossilisent

Une raffinerie du géant pétrolier Total, à Gonfreville-l'Orcher en France
Photo: Jean-François Monier Agence France-Presse Une raffinerie du géant pétrolier Total, à Gonfreville-l'Orcher en France

Les géants de l’énergie Shell, anglo-néerlandais, et Total, français, continuent à réaliser 90 % de leurs investissements dans les énergies fossiles malgré leurs promesses de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, selon un rapport publié jeudi. Avec des émissions combinées équivalentes à celles de l’Allemagne, quatrième puissance économique mondiale, les deux groupes ne vont probablement « pas être à la hauteur » de leurs propres objectifs d’investissements durables, estime le groupe de réflexion IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis).

Ainsi, Shell, qui prévoit une baisse de ses émissions de 65 % d’ici à 2050, dépense de 3 à 5 % de ses investissements dans les énergies renouvelables et ne remplira pas son objectif de 4 à 6 milliards de dollars par an destinés aux projets d’énergies vertes pour 2020, selon l’IEEFA.

Selon un porte-parole du groupe, Shell n’avait pas d’objectif précis lié aux investissements dans les énergies renouvelables, tout en précisant avoir dépensé 55 % de ses investissements dans la transition énergétique (gaz naturel et biocarburants y compris). « Nous soutenons pleinement l’Accord de Paris et la nécessité d’une transition vers une société bas-carbone, et nous sommes engagés à jouer notre rôle », a indiqué le porte-parole à l’AFP.

Quant à Total, qui s’est engagé à la neutralité carbone en Europe en 2050, il n’a pas commenté le rapport, mais a dit dépenser déjà 10 % de ses investissements en capital à l’électricité bas-carbone, avec un objectif de passer à 20 % « d’ici 2030 ou plus tôt ».

L’IEEFA reconnaît que les deux géants ont fait des progrès, mais estime qu’ils devraient investir bien plus dans les énergies vertes : chacun 10 milliards de dollars par an (environ 50 % de leurs investissements en capitaux). Le rapport souligne par ailleurs que, lorsque l’utilisation de leurs produits par le consommateur final est pris en compte, Shell et Total sont « parmi les plus importants contributeurs » à la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

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