Coup d’accélérateur vers la neutralité carbone

Amazon a promis en début d’année d’atteindre la carboneutralité en 2040.
Mark Lennihan Associated Press Amazon a promis en début d’année d’atteindre la carboneutralité en 2040.

D’Apple à Microsoft en passant par Nike, Mercedes et Danone, plusieurs multinationales ont présenté mardi des initiatives destinées à lutter contre les changements climatiques et à inciter les autres entreprises à suivre leur exemple.

Société privée la plus chère au monde en Bourse, Apple s’est engagée à être carboneutre d’ici 2030 sur l’ensemble de ses activités, y compris pour sa chaîne d’approvisionnement. Le géant de la technologie, qui est déjà neutre en carbone pour ses activités commerciales, affirme que tous ses appareils électroniques, de l’iPhone au Mac, n’auront alors plus d’effets sur le climat.

Il prévoit pour ce faire de réduire ses émissions de 75 % tout en développant des « solutions innovantes d’élimination du carbone », comme des projets de restauration de la savane au Kenya ou des investissements dans un écosystème de mangroves en Colombie, pour les 25 % restants de son empreinte totale.

Neuf autres multinationales emmenées par le groupe informatique américain Microsoft se sont de leur côté engagées dans une coalition dont le but affiché est de « permettre à toutes les entreprises d’atteindre un bilan carbone neutre » d’ici 2050. Baptisée « Transform to Net Zero », cette initiative regroupe pour l’instant le transporteur danois AP Moller-Maersk, la chaîne américaine de cafés Starbucks, les groupes agroalimentaires français Danone et anglo-néerlandais Unilever, le constructeur automobile allemand Mercedes-Benz, le groupe brésilien de cosmétiques Natura & Co, l’équipementier sportif américain Nike ainsi que le groupe de consultance en informatique indien Wipro.

Ces organisations originaires de divers pays et secteurs d’activités veulent partager leurs informations et expériences sur les meilleures façons de limiter les émissions carbone et aider ainsi à restreindre l’augmentation de la température moyenne sur Terre à 1,5 °C, détaille un communiqué publié mardi.

Les entreprises disent aussi vouloir investir dans des innovations et défendre des politiques publiques permettant d’atteindre ce but. L’idée générale est de « guider par l’exemple » et de proposer aux autres groupes une « trajectoire à suivre ».

Microsoft, comme d’autres membres de la coalition, s’est déjà fixé des objectifs environnementaux propres en promettant en janvier que son empreinte carbone serait négative d’ici à 2030. « Aucune entreprise ne peut s’attaquer seule à la crise climatique, a souligné mardi un de ses représentants, Ben Smith, dans le communiqué. C’est pourquoi de grandes entreprises vont développer et partager les meilleures pratiques, la recherche et le résultat de leurs expériences pour aider tout le monde à aller de l’avant. »

Les sociétés ne donnent toutefois pas de détails sur les projets ou les investissements qu’elles pourraient défendre, indiquant seulement vouloir finir leur travail d’ici 2025.

Écoblanchiment

Géantes de l’Internet, du pétrole ou de l’agroalimentaire, les multinationales ont multiplié ces dernières années les promesses visant à réduire leur empreinte environnementale. Mais les défenseurs de l’environnement font régulièrement preuve de scepticisme par rapport à certaines de ces annonces, accusées de relever de l’écoblanchiment.

Amazon par exemple a promis en début d’année d’atteindre la carboneutralité en 2040 et son patron, Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, a créé un fonds « pour la Terre » qu’il a personnellement doté de 10 milliards de dollars. Mais le groupe a aussi bâti son succès sur un énorme réseau logistique de transport routier pour assurer des livraisons de plus en plus rapides, et est un gros producteur de gaz à effet de serre.

« Le fossé entre où nous en sommes sur les changements climatiques et où nous devons être continue de se creuser. Tout comme l’écart entre les entreprises qui ne font que parler d’actions et celles qui font réellement le travail », a remarqué le président de l’association américaine Environmental Defense Fund, Fred Krupp, qui accompagne la coalition présentée mardi.

À ses yeux, toutefois, cette nouvelle initiative « a le potentiel de combler ce fossé », surtout si d’autres entreprises suivent l’exemple de ses membres fondateurs et « utilisent l’outil le plus puissant dont elles disposent pour lutter contre le changement climatique : leur influence politique ».

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