​La Cour donne son aval à la proposition des créanciers pour le Cirque du Soleil

Les créanciers s’engagent à maintenir le siège social du Cirque du Soleil au Québec pendant au moins cinq ans.
Photo: Adrian Dennis Archives Agence France-Presse Les créanciers s’engagent à maintenir le siège social du Cirque du Soleil au Québec pendant au moins cinq ans.

La Cour supérieure a accepté vendredi l’entente entre le Cirque du Soleil et ses créanciers garantis, un accord qui remplace la proposition mise en avant par les actionnaires actuels en juin dernier et qui servira à établir un seuil minimal dans le cadre de la vente aux enchères de l’entreprise québécoise.

Selon les modalités du processus de vente et de sollicitation d’investissement, les autres repreneurs intéressés ont jusqu’au 27 juillet pour manifester leur intérêt et signer une entente de confidentialité, et ensuite jusqu’au 18 août pour déposer une offre formelle pour le Cirque, qui tente de se restructurer afin d’assurer sa relance.

La décision autorisant l’accord entre le Cirque et ses créanciers est survenue vendredi matin lors d’une audience virtuelle présidée par le juge Louis J. Gouin à laquelle s’étaient joints de nombreux avocats représentant les diverses parties prenantes.

En faisant l’acquisition des actifs du Cirque, les créanciers comptent injecter une somme de 375 millions $US. Ils s’engagent aussi à maintenir le siège social du Cirque au Québec pendant au moins cinq ans et à ce que le p.-d.g. habite au Québec.

L’audience a fait un détour imprévu lorsqu’un avocat disant représenter des créanciers « indépendants » de deuxième rang a demandé au juge de prolonger de deux semaines la période de mise aux enchères, une façon raisonnable, a-t-il dit, d’améliorer les chances d’obtenir une bonne transaction.

 
375
C’est, en millions de dollars américains, la somme que les créanciers comptent injecter dans le Cirque du Soleil en faisant l’acquisition de ses actifs.

Un avocat représentant le Cirque du Soleil a rétorqué que le temps file, un facteur important dans la mesure où les finances de l’entreprise sont somme toute précaires. « La compagnie s’objecte vigoureusement à toute demande de prolongement du processus », a dit l’avocat du Cirque. La demande a finalement été rejetée. « Le train est en marche et je ne l’arrêterai pas », a déclaré le juge Gouin, qui a dit que le processus est en œuvre depuis des semaines et qu’il aurait fallu se manifester dans les délais prévus.

Québecor en marge des enchères

Par ailleurs, Québecor a indiqué jeudi soir qu’elle ne « participera pas au processus d’enchères judiciaires qui est maintenant pratiquement terminé ». « Cette décision survient à la veille de l’audition de la Cour supérieure devant statuer sur l’offre des créanciers », a-t-elle déclaré dans un communiqué. L’entreprise contrôlée par Pierre Karl Péladeau a eu « de longues discussions avec le Groupe Houlihan Lokey, les conseillers des créanciers, avant qu’elle ne soit contrainte d’y mettre fin par la signature, à la demande du Cirque du Soleil, d’une entente de confidentialité ».

« Par contre, la direction de Québecor tient à souligner qu’elle souhaite ardemment contribuer à une proposition pour la relance du Cirque et ainsi mettre à profit, avec le groupe des créanciers, son expérience, son capital et son identité québécoise », a ajouté l’entreprise. « L’objectif de Québecor demeure d’assurer la pérennité du Cirque et la continuation de sa réussite artistique en lui procurant les moyens de son succès financier. »

Le cofondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, a exprimé à la fin du mois de mai son désir de participer à la relance de l’organisation, mais il n’a pas fait de déclaration publique depuis. M. Laliberté n’est plus un actionnaire du Cirque. Les actionnaires actuels sont l’investisseur américain TPG (60 %), le groupe chinois Fosun (20 %) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (20 %).

Ces trois actionnaires ont proposé en juin de réinjecter 300 millions dans le Cirque, dont 200 millions seraient venus d’un prêt d’Investissement Québec. Le plan des créanciers, expliqué dans un rapport du contrôleur Ernst & Young, nommé par la Cour, ne mentionne pas cette aide financière de Québec.

Au moment où la pandémie a forcé le Cirque à suspendre ses spectacles, au mois de mars, la compagnie faisait face à une dette d’environ un milliard de dollars américains. L’entente entre le Cirque et les créanciers, qui comprend le groupe Catalyst Capital, se soldera par une dette nettement réduite à 300 millions.

 

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