Moins d’humains dans l’avenir, pour le meilleur ou pour le pire

Une étude de «The Lancet» prévoit que la population reviendra à 8,8 milliards à la fin du siècle.
Photo: iStock Une étude de «The Lancet» prévoit que la population reviendra à 8,8 milliards à la fin du siècle.

Si l’avenir (lointain) devait lui donner raison, la nouvelle serait d’une importance capitale, mais ne changerait peut-être pas fondamentalement les choses. Les plus récentes estimations des Nations unies disaient que la population mondiale devait continuer de croître au moins jusqu’en 2100 et frôler alors les 11 milliards d’humains, contre environ 7,8 milliards aujourd’hui. Une étude dévoilée mardi dans la revue scientifique The Lancet est arrivée avec un portrait bien différent, selon lequel la population humaine atteindra un sommet de 9,7 milliards en 2064, avant de se mettre à diminuer et de revenir à 8,8 milliards à la fin du siècle.

Plus d’une vingtaine de pays, dont le Japon, l’Italie, l’Espagne et la Thaïlande, verront leur population diminuer de plus de moitié et des dizaines d’autres vont accuser des reculs massifs, y compris la Chine qui passerait de 1,4 milliard d’habitants aujourd’hui à 732 millions dans 80 ans. L’Afrique subsaharienne sera l’une des rares grandes régions de la planète à augmenter son poids démographique, passant d’un à trois milliards d’habitants, mais tout en voyant, dans l’intervalle, son taux de fertilité de 4,6 naissances par femme s’effondrer et finir par passer sous le seuil de 2,1 de renouvellement de la population, à seulement 1,7.

Les principales raisons de cette tendance démographique sont l’augmentation du niveau d’éducation des filles, qui retarderait l’âge de la première naissance, et le meilleur accès aux moyens de contraception, expliquent les chercheurs d’un institut de statistiques médicales rattaché à l’université de l’État de Washington. Si les objectifs de développement durable de l’ONU étaient atteints dans ces deux seuls domaines, la population mondiale pourrait même ne plus être que de 6,3 milliards en 2100, estiment-ils.

Une bonne nouvelle, ou pas ?

Ceux qui pensent que les problèmes de faim et de pollution sur la Terre découlent de sa population grandissante regretteront que ces changements ne se produisent pas plus vite. D’autres y verront la menace d’une explosion des dépenses publiques liées au vieillissement de la population en même temps qu’on manquera de plus en plus de bras pour créer de la richesse. En effet, de 25 naissances pour chaque individu passant le cap des 80 ans en 1950, le ratio est aujourd’hui de 7 pour 1 et ne serait plus que de 1 pour 1 à la fin du siècle.

Ceux qui ont eu recours à des politiques natalistes dans le passé (congés de maternité, incitation financière à avoir plus d’enfants, garderies…) n’ont pas toujours réussi, dit l’étude, et l’augmentation du taux de participation des femmes ou des travailleurs plus âgés ne suffira pas. Les pays qui s’en tireront le mieux sont ceux, comme les États-Unis (dont la population pourrait passer de 325 millions en 2017 à 336 millions en 2100) ou le Canada (de 36 millions à 44 millions), qui réserveront une large place à l’immigration, estiment nos experts, qui précisent ne pas avoir tenu compte de l’impact possible des nouvelles technologies comme l’automatisation ou l’intelligence artificielle.

Et c’est bien là l’une des limites des conséquences, négatives comme positives, que l’on peut déduire de leurs projections démographiques. En effet, aussi vrai que les humains n’ont pas attendu d’être 7,8 milliards pour connaître des famines et commencer à dérégler le climat, ils disposent également déjà de solutions qui leur permettraient d’assurer un avenir plus sain et plus prospère en se montrant plus à l’écoute des limites et des possibilités de la planète, observait notamment mardi un rapport du Forum économique mondial de Davos.

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