Les banques américaines font des provisions de milliards de dollars

Principalement à cause des fonds réservés pour les créances douteuses, le bénéfice de JPMorgan Chase a diminué de moitié au cours du trimestre d’avril à juin.
Photo: Mark Lennihan Associated Press Principalement à cause des fonds réservés pour les créances douteuses, le bénéfice de JPMorgan Chase a diminué de moitié au cours du trimestre d’avril à juin.

Avec des dizaines de millions d’Américains sans emploi et de nombreuses entreprises fermées ou fonctionnant sous des restrictions en raison du coronavirus, trois des plus grandes banques des États-Unis ont mis de côté près de 30 milliards $US au deuxième trimestre pour couvrir des prêts potentiellement douteux qui se portaient très bien à peine quelques mois plus tôt.

Les résultats trimestriels dévoilés mardi par JPMorgan Chase, Wells Fargo et Citigroup offrent peut-être le plus large aperçu de la gravité de la pandémie sur la santé financière des consommateurs et des entreprises américains. Lors de conférences téléphoniques avec des analystes et des journalistes, les dirigeants de banques ont admis avoir sous-estimé la durée de la pandémie et ses effets sur l’économie dans son ensemble.

Principalement à cause des fonds réservés pour les créances douteuses, le bénéfice de JPMorgan a diminué de moitié au cours du trimestre d’avril à juin, pendant que celui de Citigroup a chuté d’environ 70 % et que Wells Fargo a annoncé sa première perte trimestrielle depuis la crise financière de 2008.

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En avril, plusieurs économistes et analystes de Wall Street avançaient que l’économie américaine allait connaître une reprise en « V » : les fermetures et les commandes à domicile entraîneraient des pertes massives d’emplois et d’entreprises, mais une fois rouvertes, les choses reviendraient rapidement à la normale. Mais ce n’est pas ce qui s’est produit.

L’épidémie de coronavirus aux États-Unis en est maintenant à son cinquième mois, et le nombre d’infections atteint des records en Floride, au Texas et en Californie, obligeant les autorités étatiques et locales à fermer à nouveau une partie de leurs économies.

Les milliers de milliards de dollars de soutien économique accordés en avril pour maintenir à flot les Américains et les entreprises sont désormais presque épuisés. Les prestations d’assurance-emploi améliorées expirent à la fin du mois à moins que le Congrès n’agisse, et à ce stade, de nombreux consommateurs qui ont plus de 90 jours de retard sur le remboursement de leurs dettes se retrouveraient en recouvrement, si ce n’était des programmes de délais de grâce parrainés par le gouvernement et les banques.