Québec mettra 100 millions dans un fonds pour les PME

Le gouvernement Legault a décidé d’investir 100 millions pour mettre sur pied un fonds de capital-actions devant stimuler le redémarrage économique post-COVID et soutenir les entreprises dans leur virage numérique.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le gouvernement Legault a décidé d’investir 100 millions pour mettre sur pied un fonds de capital-actions devant stimuler le redémarrage économique post-COVID et soutenir les entreprises dans leur virage numérique.

Une nouvelle source de financement potentiel s’ajoutera au paysage des PME québécoises : le gouvernement Legault a décidé d’investir 100 millions pour mettre sur pied un fonds de capital-actions devant stimuler le redémarrage économique post-COVID et soutenir les entreprises dans leur virage numérique.

Géré par la Banque Nationale, le fonds sera doté d’une capitalisation maximale de 200 millions, un objectif qui repose sur la participation de l’institution financière de même que de celle d’autres investisseurs. Il sera commercialisé au cours des prochains mois.

Aux yeux de la Banque Nationale, la création du fonds consiste à « compléter le financement bancaire offert aux PME ». Son président, Louis Vachon, a dit que les « entrepreneurs doivent pouvoir compter sur différentes formes de capital pour stimuler leur croissance », particulièrement au moment où l’économie fait face à un besoin de relance.

Nous accueillons favorablement cette nouvelle, car dans le contexte où la reprise sera lente et ardue pour les PME, toute aide pour les entreprises est la bienvenue

Le programme de capital-actions diffère de ce qui a été mis sur pied pour soutenir les entreprises depuis le début de la crise, des aides qui reposent souvent sur des prêts, des garanties de prêt, une subvention salariale du gouvernement fédéral ou même le Programme actions concertées pour le maintien en emploi, annoncé par Québec au début du mois d’avril. La Caisse de dépôt et placement du Québec, de son côté, a déjà annoncé qu’elle mettait de côté 4 milliards pour épauler des entreprises ébranlées par la crise, à condition qu’elles aient été rentables avant la COVID-19, qu’elles cherchent du financement de plus de 5 millions et qu’elles entrevoient un potentiel de croissance intéressant.

Pas toujours compatible

Le geste vaut la peine d’être souligné, a mentionné la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Mais toutes les entreprises ne seront pas systématiques admissibles. « Nous accueillons favorablement cette nouvelle, car dans le contexte où la reprise sera lente et ardue pour les PME, toute aide pour les entreprises est la bienvenue », a indiqué Gopinath Jeyabalaratnam, analyste principal des politiques à la FCEI.

L’aide s’adresse aux sociétés « qui cherchent à croître ou à s’engager dans une transformation numérique », a fait remarquer M. Jeyabalaratnam. « Comme c’est sous forme de capital-actions, elle ne sera pas nécessairement compatible avec tous les modèles d’affaires. Nous souhaitons donc voir des programmes d’aide directe du gouvernement pour les plus petites entreprises qui ont encore beaucoup de difficultés à se relever des mois de confinement. »

Les entreprises ayant un actif net inférieur à 100 millions ou un actif inférieur à 200 millions seront ciblées par le fonds, a signalé la Banque Nationale. Elles se trouveront dans tous les secteurs de l’économie, et à divers stades de leur développement.

Selon les plus récentes données de Réseau Capital, environ 40 % des transactions de « capital de développement » en 2019 se sont chiffrées entre 1 et 5 millions de dollars. Celles se situant entre 5 et 25 millions de dollars ont représenté environ 22 % des transactions.