Un rebond de la demande limité par l’aviation

Selon l’Association internationale du transport aérien, le trafic ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise avant 2023.
Photo: Jack Guez Agence France-Presse Selon l’Association internationale du transport aérien, le trafic ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise avant 2023.

La demande pétrolière connaîtra un rebond historique l’an prochain après la chute causée par la pandémie de COVID-19, mais sera limitée par la « crise existentielle » du secteur de l’aviation, a prévenu mardi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Dans ses premières prévisions pour 2021, elle anticipe un bond inédit de 5,7 millions de barils par jour (mbj) de la demande mondiale par rapport à 2020, année marquée par la pandémie du COVID-19.

« Nous pourrions bien assister l’année prochaine à la plus grosse progression dans l’histoire du pétrole », a souligné le directeur général de l’AIE, Fatih Birol, lors d’une vidéoconférence. Il souligne toutefois que ces perspectives dépendent de la reprise économique, mais aussi de l’absence de seconde vague de contamination.

À 97,4 mbj, la demande de 2021 resterait toutefois toujours de 2,4 mbj au-dessous du niveau de 2019, « essentiellement en raison de la faiblesse actuelle de la demande pour le carburéacteur et le kérosène », estime l’AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole.

« Le secteur de l’aviation est confronté à une crise existentielle » et sa demande en produits pétroliers « restera sous pression bien au-delà de cette année même si les autres carburants devraient se reprendre à des niveaux pré-COVID-19 », estime de son côté l’AIE.

Au milieu de l’année prochaine

« Si l’on met le carburant aérien de côté, nous allons retrouver des niveaux d’avant crise au milieu de l’année prochaine. Mais la question clef est de savoir quand les gens vont recommencer à prendre l’avion », souligne Fatih Birol. La crise sanitaire a cloué au sol entre 80 et 90 % de la flotte mondiale et le redémarrage est très progressif, étant donné que de nombreuses frontières demeurent fermées.

Selon l’Association internationale du transport aérien, le trafic ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise avant 2023 avec d’abord un redémarrage sur les liaisons intérieures cet été suivi par une reprise beaucoup plus lente du trafic international.

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