Énergies renouvelables: tout reste à faire

Les énergies renouvelables se sont certes fait une place dans le secteur de l’électricité (avec une part de 26%), mais restent encore marginales dans la production de chaleur et de froid (10%) et, plus encore, dans les transports (3%).
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Les énergies renouvelables se sont certes fait une place dans le secteur de l’électricité (avec une part de 26%), mais restent encore marginales dans la production de chaleur et de froid (10%) et, plus encore, dans les transports (3%).

Le développement des énergies renouvelables dans la production d’électricité ne doit pas occulter le manque de progrès dans les secteurs essentiels du chauffage ou des transports, met en garde le réseau d’experts REN21.

La demande énergétique dans le monde a continué à augmenter ces dernières années et la part des énergies renouvelables dans la demande totale d’énergie finale a très faiblement progressé (de 9,6 % en 2013 à 11 % en 2018), indique REN21 dans un rapport.

Les énergies renouvelables se sont certes fait une place dans le secteur de l’électricité (avec une part de 26 %), mais restent encore marginales dans la production de chaleur et de froid (10 %) et, plus encore, dans les transports (3 %). « L’électricité renouvelable a fait des progrès fantastiques », mais ces derniers « ne représentent qu’une petite partie de l’équation », souligne ainsi Rana Adib, directrice générale de REN21, citée dans un communiqué.

« Nous devons également cesser de chauffer nos maisons et de conduire nos voitures avec des combustibles fossiles », affirme-t-elle. « Ne pas changer l’ensemble du système énergétique, c’est se voiler la face », selon elle.

Pour les experts de REN21, la pandémie de COVID-19 n’a pas occasionné le changement de cap nécessaire. Ils relèvent que l’Agence internationale de l’énergie prévoit certes une chute de 8 % des émissions mondiales de CO2 du secteur énergétique cette année. Ils soulignent toutefois qu’elle est temporaire et qu’elle n’est pas suffisante : il faudrait selon eux maintenir une baisse annuelle des émissions d’au moins 7,6 % au cours des dix prochaines années pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

« Même si les confinements perduraient une décennie, la réduction des émissions de CO2 ne serait pas suffisante », juge Rana Adib.

Elle appelle désormais à des plans de relance véritablement « verts », axés par exemple sur les investissements dans les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique des bâtiments.

« Beaucoup de ces plans de relance comprennent précisément des propositions qui nous enfermeront toujours plus dans un système polluant basé sur les énergies fossiles », regrette-t-elle.

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