Fin officielle de 128 mois de croissance aux États-Unis

Le PIB américain a chuté de 4,8% en taux annualisé au cours du premier trimestre de 2020.
Photo: Al Bello Getty Images via Agence France-Presse Le PIB américain a chuté de 4,8% en taux annualisé au cours du premier trimestre de 2020.

L’économie américaine a atteint son pic en février pour ensuite s’engager dans la récession, la COVID-19 ayant eu raison d’une phase expansionniste historique de 128 mois.

L’officialisation vient du Comité de datation des cycles du Bureau national de recherche économique (NBER, en anglais). L’annonce serait sans surprise, n’eût été la rapidité avec laquelle elle est venue, l’agence indépendante prenant généralement de 9 à 12 mois avant de statuer sur l’état des cycles économiques, rappelle Oxford Economics. Aussi, sur une base trimestrielle, le NBER a déterminé que le pic de la croissance américaine a été atteint au quatrième trimestre de 2019, faisant d’une expansion 2009-2019 la plus longue de l’histoire pour l’économie américaine si l’on remonte jusqu’en 1854.

Allant au-delà de la traditionnelle définition de recul du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs, le comité a modifié sa définition sous le choc de l’impact économique de la pandémie. Il s’en est plutôt remis à « la magnitude sans précédent du déclin de l’emploi et de la production ainsi que son étendue dans l’ensemble de l’économie », ce qui justifie d’apposer l’étiquette « En récession » à la conjoncture économique actuelle, « même si elle devait s’avérer plus courte que les contractions précédentes ».

« En décidant de qualifier ou non une phase de récession, le comité évalue l’ampleur de la contraction, sa durée et s’interroge sur sa propagation à l’économie », rappelle-t-il.

« Le comité considère que la pandémie et la réaction des autorités de santé publique ont provoqué un retournement dont les caractéristiques et la dynamique sont différentes des récessions différentes », selon le contenu du communiqué repris par l’agence Reuters.

Le PIB américain a chuté de 4,8 % en taux annualisé au cours du premier trimestre de 2020 et les données attendues pour le deuxième font ressortir un potentiel de chute dans les 20 %, voire les 30 % en rythme annuel. Mi-mai, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s’était montré plutôt prudent, estimant qu’il faudrait sans doute plus d’aide budgétaire pour conforter une reprise. Il avait alors estimé probable un pic à 20 % ou 25 % du taux de chômage, et une chute de 20 % ou 30 % du PIB au deuxième trimestre.

Le patron de la réserve fédérale est très attendu mercredi quand il s’exprimera à l’issue de la réunion du comité monétaire, souligne l’Agence France-Presse.