La Laurentienne sabre son dividende

La Banque Laurentienne a pris une décision qui n’avait pas été vue depuis presque trois décennies dans le secteur financier: sabrer son dividende.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La Banque Laurentienne a pris une décision qui n’avait pas été vue depuis presque trois décennies dans le secteur financier: sabrer son dividende.

En plus de voir ses bénéfices plonger au deuxième trimestre, où ses provisions pour pertes sur créances ont bondi en raison de la pandémie de COVID-19, la Banque Laurentienne a pris une décision qui n’avait pas été vue depuis presque trois décennies dans le secteur financier — sabrer son dividende.

La réduction du dividende trimestriel par action est de l’ordre de 40 %, ce qui le fera passer de 67 à 40 ¢, une décision axée sur la « prudence », afin d’avoir plus de « souplesse opérationnelle » dans le cadre d’une situation « sans précédent », a affirmé à plusieurs reprises le président et chef de la direction de la Laurentienne, François Desjardins, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes. « Nous constatons des signes de stabilisation et nous travaillons sur la croissance. En générant de la croissance, les bénéfices vont revenir. Mais je ne peux pas vraiment prédire les six prochains mois. »

79 %
C’est la chute du bénéfice net de la Laurentienne au deuxième trimestre.

La Laurentienne a éliminé 200 autres emplois — dont 100 postes en mai — et prévoit que son réseau de 83 succursales en comptera environ 20 de moins d’ici la fin de l’année. En 2016, alors qu’elle allait de l’avant avec sa transformation prévoyant la fin de services au comptoir au profit des services-conseils, la Banque comptait quelque 150 succursales.

Pour la période de trois mois terminée le 30 avril, la Laurentienne a vu son bénéfice net plonger de 79 %, à 8,9 millions, ou 13 ¢ par action. Les provisions pour pertes sur créances se sont établies à 54,9 millions, contre 9,2 millions il y a un an. En date du 30 avril, le montant des paiements reportés pour les prêts personnels, hypothécaires résidentiels et commerciaux totalisait 109 millions. Abstraction faite des éléments non récurrents, la Laurentienne a affiché un bénéfice ajusté de 11,9 millions, ou 20 ¢ par action, en baisse de 76 % par rapport au deuxième trimestre l’an dernier.

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