Guy Laliberté veut racheter le Cirque du Soleil

Guy Laliberté en 2015
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Guy Laliberté en 2015

En réflexion depuis une dizaine de jours, le cofondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, a confirmé dimanche vouloir racheter l’entreprise de divertissement actuellement sur la corde raide en raison de la pandémie de coronavirus.

« Après mûre réflexion, j’ai choisi de suivre mon cœur et c’est avec confiance que je me lance dans le processus de relance, entouré d’une super équipe interne et externe, et fort de l’appui du public, de grands créateurs d’ici et de la communauté Cirque », a-t-il indiqué par voie de communiqué en soirée.

En entrevue à l’émission Tout le monde en parle un peu plus tôt, il a confié être très affecté par les temps difficiles que vit la compagnie. La pandémie a forcée celle-ci à annuler ses 44 spectacles à travers le monde le 19 mars dernier et à mettre à pied 95 % de ses employés permanents, soit près de 4700 personnes. Dans la foulée, on apprenait que la compagnie traîne une dette d’au moins 900 millions de dollars américains.

« Le Cirque m’a tellement donné et si je peux aider, [mon équipe] va être là », a précisé Guy Laliberté. Rappelons que l’homme d’affaires âgé de 60 ans a été actionnaire majoritaire du Cirque jusqu’en 2015 et a cédé ses parts restantes, soit 10 % des actions, à la Caisse de dépôt et placement du Québec en février dernier.

Dans une lettre ouverte publiée le 13 mai, Guy Laliberté avait déjà laissé entendre vouloir participer à la relance du Cirque, se disant affecté par l’arrêt de ses activités. Il ne s’était toutefois pas formellement lancé dans la course pour acquérir la compagnie.

Sauvetage

Mi-mai, une aide d’urgence de 50 millions a été accordée par les principaux actionnaires du Cirque, soit TPG Capital (60 %), la firme chinoise Fosun (20 %) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (20 %). La compagnie a tout de même lancé les démarches pour trouver soit un nouvel acheteur, soit de nouveaux investisseurs minoritaires, soit des nouveaux partenaires financiers.

La semaine dernière, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé que le gouvernement du Québec discutait avec de potentiels investisseurs pour relancer le Cirque du Soleil et conserver son siège social au Québec.

Parmi les potentiels investisseurs, on compte Québecor, qui a indiqué vouloir participer à un sauvetage de la compagnie avant d’injecter des « centaines de millions » pour rapatrier l’actionnariat au Québec.

Cet intérêt de Québecor a d’ailleurs convaincu Guy Laliberté à se lancer dans un processus d’achat. Il a souligné que son équipe avait la meilleure offre sur le plan financier et qu’elle avait l’intention de garder le siège social du Cirque à Montréal ainsi que d’avoir une organisation principalement québécoise.

Pour l’homme d’affaires, la relance de la compagnie doit passer un équilibre de trois aspects : « la santé financière de l’entreprise, le feu sacré dont sont investis ceux qui sont le cœur du Cirque et l’amour du public pour notre fleuron ».

Il a ajouté que « l’avenir du Cirque sera probablement construit par une équipe composée de jeunes pousses de la relève, qui pourront être inspirées et bénéficier du transfert de connaissances et d’expériences de grands créateurs du Cirque. Et bien sûr, cette relance devra se refaire à juste prix. Et non pas à tout prix ».

Avec La Presse canadienne