La pandémie frappe Airbnb, Uber et Lyft

Des chauffeurs manifestent en avril dernier à Los Angeles, pour demander l'application de la loi AB5.
Photo: Mario Tama Getty Images Agence France-Presse Des chauffeurs manifestent en avril dernier à Los Angeles, pour demander l'application de la loi AB5.

Dure journée pour les plateformes de l’économie de partage. La pandémie force Airbnb à licencier le quart de ses employés dans le monde alors qu’Uber et Lyft sont assignées en justice par le gouverneur de la Californie.

Le patron d’Airbnb, frappé de plein fouet par la pandémie de nouveau coronavirus et les mesures de confinement, a annoncé mardi à ses salariés le licenciement d’environ 25 % de ses 7500 employés dans le monde, d’après une note publiée sur le site du groupe.

« Nous traversons collectivement la crise la plus douloureuse de notre vie », a déclaré Brian Chesky, fondateur de la plateforme de réservation de logements qui a déjà levé 2 milliards pour faire face à la crise.

Pour leur part, le procureur général de la Californie a assigné mardi en justice Uber et son concurrent américain Lyft, les accusant de considérer leurs conducteurs comme des travailleurs indépendants et non des salariés, les privant ainsi de droits sociaux comme le salaire minimum ou l’assurance maladie.

Cette procédure survient après l’entrée en vigueur en début d’année d’une loi californienne qui doit contraindre les géants de la réservation de voitures à requalifier les chauffeurs de VTC en employés. « Parfois, il faut une pandémie pour nous secouer et nous faire comprendre ce que cette situation signifie vraiment et qui en souffre. Les conducteurs Uber et Lyft qui contractent le coronavirus ou perdent leur emploi se rendent compte assez vite de ce dont ils sont privés », a déclaré le procureur général Xavier Becerra.

« Au moment où l’économie californienne est en crise avec quatre millions de personnes sans emploi, nous devons faciliter l’accès à des revenus, pas le compliquer », a dit un porte-parole d’Uber. La société a promis de contester cette action en justice, « tout en poussant pour l’amélioration des conditions de travail des chauffeurs indépendants, y compris des revenus minimums garantis et de nouveaux avantages sociaux ».

Uber a déjà porté plainte le 31 décembre contre l’État américain pour contester la loi dite « AB5 ».

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