La pire crise depuis la Grande Dépression, dit le FMI

Au cours des deux derniers mois, les sorties de capitaux depuis les économies émergentes se sont élevées à quelque 100 milliards de dollars.
Photo: François Guillot Agence France-Presse Au cours des deux derniers mois, les sorties de capitaux depuis les économies émergentes se sont élevées à quelque 100 milliards de dollars.

« Les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression » de 1929. C’est le sombre pronostic posé par la directrice générale du FMI sur l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie mondiale.

« La croissance mondiale va devenir fortement négative en 2020 », a déclaré Kristalina Georgieva, sans avancer de chiffres. « Il y a tout juste trois mois, nous nous attendions à une croissance du revenu par habitant pour 160 de nos pays membres en 2020. Aujourd’hui […] nous projetons que plus de 170 pays vont expérimenter une contraction du revenu par habitant », a-t-elle précisé lors de son discours prononcé en amont des réunions de printemps qui se tiendront sur un mode virtuel, par vidéoconférence, la semaine prochaine.

Pendant que le coronavirus, parti de Chine fin 2019, n’en finit pas de se propager dans le monde, les pays sont confrontés « à une incertitude extraordinaire sur la profondeur et la durée de cette crise », a-t-elle affirmé. En conséquence, le Fonds anticipe au mieux une « reprise partielle » en 2021, à condition que la pandémie s’estompe au second semestre de cette année et que les mesures de confinement puissent être levées pour permettre une réouverture des commerces, des restaurants, une reprise du tourisme et de la consommation.

Au contraire, 2021 pourrait s’avérer « pire » que 2020 si la pandémie devait durer.

Précarité

Sans surprise, ce sont les travailleurs les plus précaires qui souffrent le plus. Aux États-Unis, ce sont 10 millions de personnes qui ont pointé au chômage pour les deux dernières semaines de mars. Les pays à faibles revenus ou émergents en Afrique, en Amérique latine et en Asie « sont à haut risque », a en outre ajouté Mme Georgieva.

Au cours des deux derniers mois, les sorties de capitaux depuis les économies émergentes se sont élevées à quelque 100 milliards de dollars, soit plus du triple que pour la période équivalente de la crise financière de 2008.

Bien que l’impact économique soit particulièrement sévère, Kristalina Georgieva a estimé qu’il n’y avait pas de dilemme à avoir entre sauver la vie des populations et sauvegarder les moyens de subsistance.

Et « parce que c’est un événement si dramatique, si gigantesque — virtuellement, un arrêt de l’économie mondiale —, il faut des mesures massives ciblées », a-t-elle estimé, citant les subventions de salaires, les reports d’impôts, l’extension de l’assurance chômage, l’aide aux entreprises les plus fragiles. Elle a aussi délivré un satisfecit aux banques centrales, dont l’institution américaine, la Fed, qui font « un travail héroïque » en injectant des milliers de milliards de dollars.