Plus d'un million de pertes d'emplois en mars, selon Statistique Canada

Photo: Nathan Denette Archives La Presse canadienne

L’économie canadienne a perdu 1 011 000 emplois en mars, dans la foulée de l’éclosion de la pandémie de COVID-19.

 

Statistique Canada rapporte que le taux de chômage a augmenté de 2,2 points de pourcentage pour s’élever à 7,8 %. Il s’agit de la plus forte hausse mensuelle enregistrée depuis 1976, année où des données comparables ont commencé à être publiées.

 

La hausse porte le taux de chômage à un niveau observé pour la dernière fois en octobre 2010.

Au Québec, le taux de chômage de février à mars est passé de 4,5 à 8,1 %.

Les économistes préviennent que les chiffres seront encore plus élevés en avril, des millions de Canadiens ayant dû demander une aide d’urgence du gouvernement fédéral.

 

Statistique Canada a dû réviser certaines de ses mesures habituelles du nombre de personnes occupant un emploi, sans emploi ou hors du marché du travail afin de mieux évaluer les effets de la COVID-19 sur le marché du travail, qui ont été spectaculaires et soudains.

 

Le nombre de chômeurs a augmenté de 413 000 entre février et mars, principalement en raison des mises à pied temporaires, soit des travailleurs qui s’attendent à retrouver leur emploi dans six mois.

Les données de Statistique Canada dévoilées jeudi matin indiquent également que la majorité des pertes d’emplois ont eu lieu dans le secteur privé, le plus important recul ayant touché les jeunes de 15 à 24 ans.

 

Dans les provinces

 

À l’échelle provinciale, l’emploi a reculé dans toutes les provinces, notamment de 264 000 ou de 6 % au Québec, la province la plus affectée en pourcentage. L’emploi à temps partiel s’est effondré de plus de 21 % en un mois au Québec comparativement à 2,6 % pour l’emploi à temps plein.

 

D’ailleurs, Statistique Canada a observé le mois dernier qu’en général, les travailleurs occupant des emplois précaires et de moindre qualité étaient plus susceptibles d’être touchés par des pertes d’emplois.

 

Le taux de chômage a aussi augmenté dans les trois provinces des Maritimes. Il est passé de 6,9 % à 8,8 % au Nouveau-Brunswick, de 7,8 % à 9 % en Nouvelle-Écosse et de 8 % à 8,6 % à l’Île-du-Prince-Édouard.

 

À Terre-Neuve-et-Labrador, Statistique Canada signale que le taux de chômage a reculé, de 12 % en février à 11,7 % le mois dernier.

 

Par ailleurs, l’agence fédérale signale que son Enquête sur la population active a commencé à mesurer les heures perdues en 1997. Depuis, la comparaison qui se rapproche le plus de la baisse soudaine de l’activité économique observée le mois dernier a été la tempête du verglas de 1998 qui a durement éprouvé le Québec et l’Ontario.