Un quart des PME ne pourront pas payer leur loyer le 1er avril

Selon une enquête, près de la moitié des répondants disent craindre que leurs entreprises et commerces de proximité ne survivent tout simplement pas à la pandémie.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Selon une enquête, près de la moitié des répondants disent craindre que leurs entreprises et commerces de proximité ne survivent tout simplement pas à la pandémie.

Près du quart des PME n’auront pas les moyens de payer leur loyer ou leur hypothèque le mercredi 1er avril, selon une enquête.

Un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèle que 23 % des chefs de petites et moyennes entreprises (PME) au Canada ne pensent pas être en mesure de s’acquitter de leurs obligations financières auprès du propriétaire de leurs locaux ou de leur banquier le 1er avril. Cette proportion grimpe à 32 % pour les entreprises spécialisées dans les services personnels (salons de coiffure, centres sportifs…), à 40 % pour celles du secteur des arts, des loisirs et de l’information, et même à 44 % dans le domaine de l’hébergement et de la restauration, particulièrement touché par la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement des gouvernements.

À l’autre bout du spectre, les entreprises manufacturières (13 %), de construction (12 %) et agricoles (6 %) se disent moins en difficulté immédiate.

Devant l’urgence, la FCEI presse les gouvernements provinciaux et municipaux de s’inspirer d’Ottawa et de son nouveau programme de subvention salariale afin de mettre en place, de leur côté, des mesures d’allègement de l’impôt foncier commercial et, non pas seulement de prêts, mais aussi de subventions d’urgence aux PME.

« Plusieurs propriétaires de PME voient arriver la fin du mois avec angoisse, a dit en entretien téléphonique au Devoir François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI. Pour eux, ce n’est pas une question de semaines. C’est une question de jours. »

Autre signe de cette peur qui habite les chefs de PME, 42 % des répondants au sondage disent craindre que leurs entreprises et commerces de proximité ne survivent tout simplement pas à la pandémie. Il faut dire qu’il ne reste plus qu’une entreprise sur cinq qui n’a pas encore été forcée de réduire ses heures d’ouverture, sinon de tout arrêter. Elles étaient encore un tiers, dans cette situation, la semaine dernière.

Commencé le 27 mars, le sondage en ligne, dont sont tirés ces résultats partiels, devait se conclure lundi soir. Après trois jours, plus de 9300 membres de la FCEI y avaient répondu. Les résultats pour le Québec n’étaient pas disponibles lundi, mais, si l’on se fie aux enquêtes précédentes, ils devraient être semblables à ceux de la moyenne canadienne, a avancé François Vincent.

La semaine dernière, la FCEI rapportait que son indicateur de confiance des PME était tombé, ce mois-ci, à son niveau le plus bas de ses 32 ans d’histoire. La chute la plus prononcée a été observée au Québec et pourrait être attribuable, avait-on expliqué, à la vitesse du gouvernement québécois à adopter des politiques musclées de lutte contre la pandémie de coronavirus.

Lundi, la FCEI n’avait presque que des félicitations à faire au gouvernement fédéral pour son programme de subvention salariale dans les entreprises annoncé vendredi et précisé lundi. Voilà une façon rapide et efficace de mettre en place peut-être la meilleure politique d’aide possible, disait-elle.

Les gouvernements des provinces et des municipalités devraient maintenant s’inspirer de cette façon de faire pour aider les PME à faire face aux coûts fixes que représentent leur loyer ou leur hypothèque, martelait la FCEI.

Pour ce faire, plusieurs villes québécoises, dont Montréal, Québec, Laval et bien d’autres, ont déjà reporté des échéances pour le versement des impôts fonciers commerciaux. Les gouvernements du Québec et du Canada ont aussi offert toutes sortes de facilités de prêts.

La FCEI voudrait maintenant que les impôts fonciers commerciaux soient réduits « d’au moins 25 % » afin que les propriétaires fassent profiter de ces réductions leurs entreprises locataires. Elle voudrait aussi qu’au moins une partie des prêts offerts aux entreprises en difficulté soient convertis en subventions.

« On ne peut pas s’attendre à ce que des petites entreprises qui n’ont plus de revenus s’endettent bien longtemps pour couvrir leurs coûts fixes. Et si le quart d’entre elles ferment bientôt leurs portes au Canada, sur quoi se bâtira la reprise économique une fois la crise passée ? », a demandé François Vincent.