Wall Street redonne le sourire aux marchés boursiers

La prolongation des mesures destinées à contenir l’épidémie par le président américain, Donald Trump, dans la foulée de la promulgation d’un plan de relance sans précédent de 2200 milliards de dollars pour tenter d’éviter une récession durable, a également un peu rasséréné.
Photo: Mary Altaffer Associated Press La prolongation des mesures destinées à contenir l’épidémie par le président américain, Donald Trump, dans la foulée de la promulgation d’un plan de relance sans précédent de 2200 milliards de dollars pour tenter d’éviter une récession durable, a également un peu rasséréné.

La bonne humeur de Wall Street a redonné de l’énergie aux investisseurs lundi, entraînant dans le vert quasiment tous les marchés boursiers européens malgré la descente aux abysses des prix du pétrole, au plus bas depuis 2002.

Contrairement à l’Asie et à l’Europe, la Bourse de New York est allée de l’avant dès l’ouverture. Son indice vedette, le Dow Jones, a fini en hausse de 3,2 %, tandis que l’indice élargi S&P 500 a grimpé de 3,4 % et que le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 3,6 %. Écrasés en début de journée par les nouvelles négatives, et notamment la prévision de 100 000 à 200 000 victimes aux États-Unis, les marchés européens ont réussi à finir en hausse, à l’exception de Madrid, en recul de 1,74 %

À Toronto, la Bourse a également clôturé en hausse, lundi, soutenue par les gains du secteur de l’énergie, même si le cours du pétrole brut a retraité à son plus faible niveau depuis 2002. L’indice composé S&P / TSX a gagné 350,76 points, soit 2,6 %, pour terminer la séance à 13 083,50 points.

« Les nouvelles concernant la COVID-19 en tant que telles ne se sont pas vraiment améliorées [pendant le week-end], mais celles sur les efforts pour la garder sous contrôle l’ont été et cela semble ragaillardir l’état d’esprit des investisseurs », a remarqué Patrick O’Hare, de Briefing. Les acteurs du marché ont aussi bien accueilli les annonces prometteuses de plusieurs grands groupes pharmaceutiques, comme Abbott Laboratories, qui travaille sur un test de dépistage du coronavirus en cinq minutes, et Johnson & Johnson, qui prévoit de lancer un essai clinique pour un vaccin en septembre.

La prolongation des mesures destinées à contenir l’épidémie par le président américain, Donald Trump, dans la foulée de la promulgation d’un plan de relance sans précédent de 2200 milliards de dollars pour tenter d’éviter une récession durable, a également un peu rasséréné.

« Mais il est prématuré de conclure que les marchés sont tout à fait rassurés », a nuancé Alexandre Baradez, un analyste de IG France. Et selon lui, il n’y a pas non plus de vraie « homogénéité d’un marché à l’autre ».

Le marché de la dette continuait pour sa part à profiter de la mobilisation sans précédent des banques centrales, Fed et BCE en tête, et les mouvements restaient limités pour les taux d’emprunts des États, avec toutefois une très légère tension pour l’Italie.

Du côté des sociétés, la situation restait compliquée. Aux États-Unis, deux hauts responsables du gouvernement Trump ont toutefois affirmé que l’État pourrait prendre des participations dans les compagnies aériennes pour les soutenir face aux effets de la pandémie.

En Europe, où les 27 peinent à coordonner leurs efforts, Bruxelles a néanmoins donné lundi son feu vert au fonds de solidarité mis en place par la France pour venir en aide aux petites entreprises en difficulté financière.

De quoi apporter un peu de soulagement quand tout le monde est engagé dans une course contre la montre pour mettre à l’abri de la faillite le plus d’entreprises possible.