Après la chute libre, léger rebond des marchés boursiers

Après la chute quotidienne, Wall Street y est allée d’un autre rebond typique des marchés fondamentalement baissiers mardi. 
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Après la chute quotidienne, Wall Street y est allée d’un autre rebond typique des marchés fondamentalement baissiers mardi. 

Sans trop de conviction et fidèles à leur comportement en dents de scie adopté en réaction à l’expansion de la pandémie, les marchés boursiers ont effacé une partie de leur lourde perte mardi. L’appui massif de la Réserve fédérale américaine et de nouvelles mesures budgétaires musclées du gouvernement américain ont apporté un peu d’espoir.

En réaction immédiate, le taux sur les bons du Trésor américain à échéance de dix ans est repassé au-dessus de la barre du 1 %, contre 0,78 % la veille. En Bourse, après une chute quotidienne jamais vue depuis le krach d’octobre 1987, Wall Street y est allée d’un autre rebond typique des marchés fondamentalement baissiers mardi.

L’indice symbolique Dow Jones a avancé de 5,2 % pour terminer à 21 237,38, effaçant une partie de son plongeon de 12,9 % observé la veille. Le Nasdaq, à forte saveur technologique, a repris 6,2 %, après avoir trébuché de 12,3 %. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 a progressé de 6 %, à 2529,19 points, après une glissade de 12 % lundi.

La remontée s’est faite sans trop de conviction, comme en témoigne le maintien de l’indice VIX, dit de la peur, dans la stratosphère, à ses niveaux proches de ceux mesurés lors de la crise financière de 2008. L’indice de volatilité du S&P 500 a terminé mardi à 75,91 points, en repli de 6,78 points, ou de 8,2 %.

À Toronto le S&P/TSX a pris 2,6 %, à 12 685,21 points, profitant d’un bond de 39,30 $US du prix de l’or, à 1525,80 $US l’once, mais plombé par le recul de 1,75 $US du cours pétrolier de référence, à 26,95 $US le baril. Le dollar canadien s’est, pour sa part, retranché autour de 70,55 $US, les investisseurs priorisant le billet vert, valeur refuge en ces circonstances.

La Fed sort le chéquier

Geste exceptionnel, la Réserve fédérale américaine a annoncé qu’elle allait accorder des facilités de crédits destinés aux entreprises et aux ménages dans un effort pour endiguer l’impact économique de la pandémie. Aux marchés, l’antenne new-yorkaise de la banque centrale a procédé à une nouvelle injection, de 500 milliards, afin de soutenir la liquidité du marché monétaire. Du côté du budget, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a annoncé l’envoi de chèques pour venir en aide aux Américains touchés. La Maison-Blanche préparerait un plan de soutien à l’économie estimé à 850 milliards, voire à plus de 1000 milliards selon les médias américains.

« On reste loin d’un optimisme serein », souligne toutefois le spécialiste Karl Haeling, du cabinet LBBW. « On n’a aucune idée de ce qui va se passer à court terme, le fait de ne pas du tout pouvoir anticiper les résultats des entreprises incite beaucoup d’acteurs du marché à rester sur les côtés. »

Avec l’Agence France-Presse