Les institutionnels en révolution 2.0

Le vice-président aux affaires publiques et corporatives au Fonds de solidarité FTQ, Mario Tremblay
Photo: Fonds de solidarité FTQ Le vice-président aux affaires publiques et corporatives au Fonds de solidarité FTQ, Mario Tremblay

La peur du risque climatique s’est emparée du capitalisme traditionnel, engageant les investisseurs institutionnels dans une révolution 2.0, dit Mario Tremblay. Le vice-président aux affaires publiques et corporatives au Fonds de solidarité FTQ a été nommé jeudi à la présidence du conseil de SHARE dans le cadre du congrès que tient à Vancouver cet organisme sans but lucratif. Shareholder Association for Research and Education a pour mission de conseiller et d’appuyer les investisseurs institutionnels souhaitant prioriser les comportements socialement responsables.

L’action de l’organisation comporte un volet éducation et une dimension politique publique, le tout reposant sur deux présuppositions : « rendre les détenteurs d’actifs actifs » et « ensemble nous sommes plus forts ». Ne serait-ce que sur le plan des propositions d’actionnaires ou de l’influence exercée auprès de la direction des entreprises, une organisation comme SHARE vient fédérer les appuis des différents clients, le Fonds de solidarité étant l’un deux.

« Il y a eu désappropriation du capital au fil des ans, actionnaires et investisseurs n’exerçant peu ou pas leur droit de propriété », rappelle-t-il.

Mario Tremblay siège au conseil de SHARE depuis 2012. À titre de président du conseil, son « travail consistera à bien entourer une équipe déjà reconnue pour son niveau de sophistication et pour l’efficacité de ses intervenants ». Ses objectifs consistent à maintenir ce haut niveau, à élargir la base de clients, composée présentement d’une centaine d’organisations revendiquant plus de 23 milliards d’actifs sous gestion, à augmenter le rayonnement et la reconnaissance de SHARE et à ancrer plus profondément encore la transition énergétique juste et la finance durable dans sa mouvance de fond.

Nous assistons [...] à un éveil du capitalisme traditionnel pris par la peur du risque climatique

Mario Tremblay voit également dans sa nomination une reconnaissance de l’avancée du Fonds de solidarité sur le chemin de l’investissement responsable, ce qu’appuie Kevin Thomas, chef de la direction de SHARE, dans un communiqué. « Mario Tremblay et le Fonds ont démontré un leadership en matière d’investissement responsable pas seulement au Québec et au Canada, mais également à l’échelle mondiale. » Il dit du nouveau président du conseil qu’il recherche des solutions concrètes combinant le respect des travailleurs et la protection de l’environnement.

« Dans le cadre du congrès se déroulant présentement à Vancouver, le thème de l’économie démocratique a été entendu, ajoute Mario Tremblay. L’approche localist, celle de l’investisseur institutionnel pensant globalement et agissant localement, a été mise de en avant. » Une réflexion qui s’insère dans un contexte de finance durable à laquelle adhère un nombre croissant de grands institutionnels. Le réalignement du géant américain des Fonds négociés en Bourse BlackRock en est un exemple récent. « Nous assistons à une révolution 2.0 des investisseurs institutionnels, à un éveil du capitalisme traditionnel pris par la peur du risque climatique. Une annonce comme celle de BlackRock indique que la notion d’actif échoué a fait son chemin, que ça devient urgent. »