ACEUM: Chrystia Freeland met en garde contre le danger de trop attendre

La vice-première ministre a rappelé aux partis d’opposition l’ampleur des concessions réclamées par le président américain au début des négociations commerciales.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La vice-première ministre a rappelé aux partis d’opposition l’ampleur des concessions réclamées par le président américain au début des négociations commerciales.

Le gouvernement Trudeau met en garde les partis d’opposition contre le risque de trop attendre avant de ratifier l’ACEUM. « Je veux être claire. On revient de loin », a déclaré mardi la vice-première ministre et responsable du dossier, Chrystia Freeland, devant un comité parlementaire après y avoir rappelé l’ampleur des concessions réclamées par le président américain, Donald Trump, au début des négociations commerciales qui allaient aboutir à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). « Toutefois, tant que cet accord n’aura pas été ratifié par les trois pays et ne sera pas entré en vigueur, il continuera d’y avoir un risque et de l’incertitude [qui] vont inévitablement grandir avec le temps », a-t-elle ajouté.

« Le débat au Parlement est important dans notre démocratie, a-t-elle admis, mais le danger pour le Canada est bien réel. Il est impératif de sécuriser les gains que nous avons réalisés avec cette entente en ratifiant le nouvel ALENA sans délai indu. »

Conclue au mois de décembre, la version modifiée de l’ACEUM a déjà été ratifiée par les États-Unis et le Mexique, et doit entrer en vigueur 90 jours après la ratification des trois partis.

Présenté à la fin du mois dernier, le projet de loi C-4 portant sur sa ratification par le Canada fait désormais l’objet d’un examen par le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes. Une proposition du Parti conservateur d’accorder au comité jusqu’au 12 mars pour rapporter ses conclusions à l’ensemble des élus y a été rejetée mardi par une majorité de ses membres, qui a préféré fixer la limite au 28 février.

On s’attend généralement à ce que les conservateurs appuient le gouvernement minoritaire libéral à la fin de cet exercice, contrairement aux élus du Bloc québécois et aux néodémocrates. Les conservateurs ont néanmoins déploré, mardi, le peu de temps alloué à l’examen des possibles effets de l’entente « sur les familles canadiennes » ainsi que l’absence d’étude d’impact économique par les fonctionnaires de la ministre Freeland. « Qu’est-ce qu’elle a à cacher ? » lui a lancé le député d’Oshawa, Colin Carrie.

Le premier ministre, Justin Trudeau, a assuré à des élus américains, vendredi, lors d’une visite officielle en Allemagne, que le Canada allait ratifier l’ACEUM « dans les semaines qui viennent ».