Alstom: du contenu local assuré dans le transport, dit François Legault

La division Transport de Bombardier compte environ 1500 emplois au Québec, a mentionné M. Legault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La division Transport de Bombardier compte environ 1500 emplois au Québec, a mentionné M. Legault.

Les futurs contrats de trains et de tramways seront assortis de clauses exigeant du contenu local à hauteur d’au moins 25 %, a affirmé mardi le premier ministre François Legault au lendemain de l’annonce de la vente de Bombardier Transport au géant français Alstom.

Plombé par une dette de 9,3 milliards $US, le groupe Bombardier a levé le voile lundi sur une transaction qui marque sa sortie du matériel roulant, où il évolue depuis plus de 40 ans, et son virage définitif vers les avions d’affaires.

L’accord avec Alstom, qui souhaite une « expansion » des activités à l’usine de La Pocatière et à son usine de Sorel-Tracy, a rebondi à l’Assemblée nationale mardi, où Québec solidaire a demandé au premier ministre ce qu’il entend faire sur la question du contenu local. « C’était une erreur, à l’époque, de ne pas exiger du contenu québécois dans la fabrication du Réseau express métropolitain, et tous les trains, tramways qui sont commandés au Québec, à l’avenir, il y aura une exigence de contenu québécois », a répondu M. Legault.

« Donc, que ce soit Bombardier, que ce soit Alstom, il y aura un contenu québécois qui sera exigé. Tous les pays dans le monde le font, on a le droit de le faire, on serait naïfs de ne pas le faire, ce sont les contribuables qui paient, donc c’est normal qu’on aide à créer des emplois de qualité au Québec, a dit le premier ministre. Il y aura un minimum des minimums de 25 % de contenu québécois qui sera exigé dans tous les projets de trains et de tramways au Québec. »

La division Transport de Bombardier compte environ 1500 emplois au Québec, a mentionné M. Legault. Si jamais Alstom ne respectait pas ses engagements sur le développement au Québec et sur un siège pour les Amériques, il pourrait y avoir des « poursuites monstrueuses », a-t-il dit, en ajoutant immédiatement que « je ne vois pas pourquoi Alstom ne respecterait pas son entente » et que le gouvernement « a de bonnes relations avec le président d’Alstom ».

Il y aura un minimum des minimums de 25 % de contenu québécois qui sera exigé dans tous les projets de trains et de tramways au Québec

Par ailleurs, l’annonce de la vente de Bombardier Transport a entraîné mardi une chute de 10 % du cours de l’action du fabricant. L’action a reculé de 16 ¢, à 1,49 $, à la Bourse de Toronto, fermée lundi en raison du jour de la Famille qui constitue un jour férié dans plusieurs provinces.

La transaction évalue la division Transport à 8,2 milliards $US. Compte tenu de certaines déductions, Bombardier touchera un produit final de 4,2 à 4,5 milliards $US, dont 550 millions $US en actions d’Alstom.

Quant à la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient 32,5 % de Bombardier Transport, elle deviendra l’actionnaire principal d’Alstom avec 18 %. Évaluée à entre 2,1 et 2,3 milliards $US, sa participation sera convertie en actions de la société française, dans laquelle la Caisse investira aussi 700 millions d’euros.

Compte tenu des ventes des derniers mois, Bombardier affirme que son encaisse se situera à entre 6,7 et 7 milliards $US. Le carnet de commandes de la division des avions d’affaires est de 14,4 milliards. « Même si la division des avions d’affaires est plus cyclique, elle jouit d’une bonne visibilité au chapitre des revenus avec son carnet de commandes », a écrit un analyste de la CIBC dans une note aux clients. « Son bilan est mieux outillé pour soutenir ces activités. »


Avec Mylène Crête