Les pertes liées au 737 MAX de plus en plus lourdes

<p>Southwest est le plus gros client du Boeing 737 MAX, avec 34 appareils.</p>
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse

Southwest est le plus gros client du Boeing 737 MAX, avec 34 appareils.

La facture des Boeing 737 MAX cloués au sol s’alourdit pour les transporteurs clients. Ils doivent se résigner à les exclure de leur flotte pour la prochaine haute saison estivale.

American Airlines a indiqué jeudi que ses 24 Boeing 737 MAX toujours cloués au sol depuis mars, après l’écrasement de deux appareils ayant fait 346 morts, a forcé l’annulation de 10 000 vols au quatrième trimestre de 2019. Southwest Airlines a évalué, pour sa part, que l’immobilisation avait amputé son bénéfice d’exploitation de 828 millions $US l’an dernier et qu’elle pourrait entraîner une réduction de son offre de 2,5 % au premier trimestre de 2020.

Southwest, plus gros client du 737 MAX avec 34 exemplaires, a précisé en début d’année que ce report touche environ 330 vols par jour, soit 8 % de son programme de vols journaliers. Jeudi, le transporteur a souligné avoir enregistré une baisse de 21 % de son bénéfice trimestriel, à 514 millions $US, en raison des coûts et de la perte de revenu liés à l’immobilisation du Boeing 737 MAX.

À l’inverse, American Airlines a pu comptabiliser une augmentation de 27 % de son bénéfice, à 414 millions au quatrième trimestre, une forte demande lui ayant permis de compenser l’impact, souligne l’agence Reuters. United Airlines avait, pour sa part, dévoilé mardi un bénéfice net de 641 millions au quatrième trimestre de 2019, en hausse de 39 % sur un an, la baisse du prix du carburant et la forte demande compensant pour ses 14 appareils 737 MAX immobilisés.

Les trois plus gros clients américains du 737 MAX, American, Southwest et United, ont retiré l’avion de leur horaire jusqu’en juin, répondant ainsi à l’avis de Boeing ne prévoyant pas une re-certification avant la mi-2020. Mais Southwest ajoute qu’une fois cette autorisation reçue, le processus de remise en service, incluant préparation des appareils et formation des pilotes, peut nécessiter jusqu’à quatre mois. Bref, on ne mise plus aux États-Unis sur une reprise des vols du 737 MAX pour la haute saison estivale.

Indemnisations

Les transporteurs clients du 737 MAX poursuivent leurs négociations avec Boeing afin d’obtenir compensation. Seuls Southwest et American Airlines ont, à ce jour, annoncé avoir trouvé un accord avec l’avionneur sur le montant des indemnisations, mais sans autres détails ni publication des dommages subis. La britannique TUI avait offert un décompte l’an dernier. Pour l’exercice 2019 clos le 30 septembre, le plus gros voyagiste intégré au monde avait chiffré à 300 millions d’euros, soit environ 330 millions $US, le coût inhérent au maintien au sol de ses 15 737 MAX, un nombre qui devait passer à 23 durant l’été dans le cadre d’une commande de plus de 70 appareils. TUI estimait à 130 millions d’euros le coût d’une immobilisation se poursuivant d’octobre 2019 à avril 2020. Un scénario prévoyant une prolongation jusqu’à la fin de l’été 2020 ajouterait entre 220 et 270 millions d’euros à cette facture.

Dans la foulée, Boeing est en discussion pour emprunter au moins 10 milliards $US afin de faire face à ces coûts, écrivait cette semaine l’Agence France-Presse. La facture s’élève pour l’instant à plus de 9,2 milliards, mais le manque à gagner est d’environ 1 milliard par mois depuis l’immobilisation, calculent les analystes de JPMorgan.

Avec Associated Press