Le bénéfice d’Hydro-Québec dégringole

Hydro-Québec a vu son bénéfice net dégringoler d’environ 34%, notamment en raison de la faiblesse des prix obtenus à l’exportation vers les États-Unis.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Hydro-Québec a vu son bénéfice net dégringoler d’environ 34%, notamment en raison de la faiblesse des prix obtenus à l’exportation vers les États-Unis.

Malgré une baisse marquée de ses profits au troisième trimestre, Hydro-Québec s’attend à terminer l’année sur une bonne note et à atteindre l’objectif fixé par le gouvernement Legault grâce à l’habituel coup de pouce de dame Nature.

En plus de l’arrivée précoce du froid, la société d’État mise sur les « gros mois » de novembre et de décembre afin de l’aider à atteindre, et même à dépasser, la somme de 2,7 milliards demandée par Québec au chapitre du bénéfice net. La société d’État devra engranger un bénéfice net d’environ 460 millions au quatrième trimestre afin de répondre aux attentes de son actionnaire. Après neuf mois, les profits totalisent 2,24 milliards, par rapport à 2,58 milliards il y a un an, une somme qui tenait compte d’un gain non récurrent de 277 millions lié à la vente, par Hydro-Québec, d’une participation majoritaire dans sa filiale TM4. L’an dernier, Hydro-Québec avait versé un dividende record de 2,4 milliards après avoir affiché un bénéfice net de 3,19 milliards, en hausse de 12 %, notamment grâce au gain non récurrent.

Troisième trimestre difficile

En ce qui a trait au troisième trimestre, qui concernait les mois de juillet, août et septembre, Hydro-Québec a vu son bénéfice net dégringoler d’environ 34 %, notamment en raison de la faiblesse des prix obtenus à l’exportation vers les États-Unis. Si les volumes se sont maintenus à 10,1 térawattheures (TWh) sur les marchés hors Québec, la faiblesse des prix a eu une incidence négative de 50 millions sur les profits. Les températures moins élevées que l’an dernier, combinées à la popularité grandissante de la technologie photovoltaïque aux États-Unis — où de plus en plus de citoyens installent des panneaux solaires sur leur domicile — et de la production éolienne, ont pesé sur les prix obtenus sur les marchés hors Québec. Dans l’État de New York, on parle de 400 mégawatts (MW) de plus produits grâce au solaire et à l’éolien, alors que du côté de la Nouvelle-Angleterre, c’est 700 MW de plus.

Au Québec, la demande a été « plus forte que prévu, mais moindre » qu’à la même période l’an dernier, ce qui s’est traduit par un impact négatif chiffré à 30 millions.

Les revenus du troisième trimestre terminé le 30 septembre ont été de 2,77 milliards, en recul d’environ 4,5 % par rapport à il y a un an. Grâce à des contrats de couverture, Hydro-Québec a pu obtenir 3,5 ¢ le kilowattheure (kWh) sur le marché des enchères, par rapport à 4 ¢/kWh au troisième trimestre de 2018. Sans cette stratégie, le prix aurait été de 2,9 ¢/kWh, a fait remarquer le chef de la direction financière et du risque d’Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur.

Depuis le début de l’année, le volume des exportations nettes d’Hydro-Québec a dépassé les 25 TWh à un prix moyen de 4,4 ¢/kWh.