Les BRICS se dressent contre le protectionnisme

Fervent admirateur de Donald Trump, le président brésilien, Jair Bolsonaro (à droite), a changé radicalement de position à l’égard de la Chine depuis son arrivée au pouvoir en janvier. À ses côtés, le président chinois, Xi Jinping, lors du sommet à Brasília mercredi.
Photo: Sergio Lima Agence France-Presse Fervent admirateur de Donald Trump, le président brésilien, Jair Bolsonaro (à droite), a changé radicalement de position à l’égard de la Chine depuis son arrivée au pouvoir en janvier. À ses côtés, le président chinois, Xi Jinping, lors du sommet à Brasília mercredi.

Les cinq pays du groupe des BRICS, dans lequel la Chine a un poids majeur, ont affiché à l’issue de leur sommet jeudi à Brasília leur détermination à « surmonter les défis posés au multilatéralisme », une référence implicite aux États-Unis.

Le multilatéralisme doit être, selon le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, « renforcé et réformé » pour être « plus ouvert », indique leur communiqué final. « Il est essentiel que les membres de l’OMC évitent toute mesure unilatérale et protectionniste », insistent les cinq pays membres du groupe des BRICS, en pleine guerre commerciale entre les États-Unis de Donald Trump et Pékin.

Jeudi matin, le président chinois, Xi Jinping, avait annoncé la couleur. « Le protectionnisme montant et l’unilatéralisme créent un déficit de gouvernance, de développement et de confiance » et « déstabilisent l’économie mondiale », a-t-il déclaré.

Sur le climat, les BRICS ont aussi réitéré leur « engagement en faveur du développement durable » et « de la mise en place de l’Accord de Paris », que le président brésilien et climatosceptique Jair Bolsonaro avait menacé un temps de quitter.

Rapprochement avec la Chine

Le sommet de Brasília, premier grand événement international organisé par le gouvernement Bolsonaro, a marqué par ailleurs un net rapprochement entre le Brésil et la Chine, motivé par le pragmatisme. Le président d’extrême droite a joué les équilibristes, entre son souci de rapprochement avec la Chine, premier partenaire commercial du Brésil, et celui de ne pas froisser son grand allié américain. « Je n’entre pas dans cette guerre commerciale. Le Brésil fait du commerce avec tout le monde », a affirmé le président d’extrême droite à des journalistes jeudi matin.

Fervent admirateur de Donald Trump, Jair Bolsonaro a changé radicalement de position à l’égard de la Chine depuis son arrivée au pouvoir en janvier. L’an dernier, lors de sa campagne électorale, il avait heurté le pays communiste en l’accusant de vouloir « acheter le Brésil » et en se rendant à Taïwan. Comme Trump, il s’était aussi montré opposé au multilatéralisme, à rebours du communiqué final des BRICS publié jeudi.

Mais le gouvernement brésilien a vite compris qu’il était vital de préserver les relations avec le géant asiatique, débouché de près de 28 % de ses exportations, notamment de soja et de viande. Mercredi, le président Bolsonaro avait déclaré que la Chine faisait « de plus en plus partie de l’avenir » du Brésil et affiché sa volonté « non seulement d’augmenter, mais aussi de diversifier » les relations commerciales avec Pékin.

Xi Jinping a évoqué pour sa part un « avenir prometteur », pour des relations commerciales entre la Chine et le Brésil fondées sur « une confiance mutuelle accrue ».

Mais cette lune de miel avec la Chine sera plus que jamais mise à l’épreuve l’an prochain par le choix crucial de l’opérateur des réseaux de 5G. Si le Brésil choisit Huawei, cela représentera un terrible affront pour le gouvernement Trump, qui milite dans le monde entier auprès de ses alliés pour qu’ils fassent comme lui et empêchent le groupe chinois de participer à la construction de ces réseaux de téléphonie mobile à très haut débit.

En juillet, le vice-président brésilien, Hamilton Mourao, avait déjà annoncé la couleur en affirmant qu’il n’y aurait « aucun veto à Huawei au Brésil ».