SNC-Lavalin rebondit

SNC a mis un terme à son troisième trimestre clos le 30 septembre avec un bénéfice net de 2,8 milliards.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir SNC a mis un terme à son troisième trimestre clos le 30 septembre avec un bénéfice net de 2,8 milliards.

SNC-Lavalin est revenue dans les bonnes grâces de la Caisse de dépôt. La firme d’ingénierie confirme son président par intérim dans son poste et livre les premiers résultats de son recentrage.

SNC a mis un terme à son troisième trimestre clos le 30 septembre avec un bénéfice net de 2,8 milliards, contre 120,7 millions au trimestre correspondant de 2018. Ce bond reflète toutefois le gain de 2,6 milliards après impôt réalisé sur la vente d’une participation de 10 % dans l’autoroute ontarienne 407. Malgré tout, en excluant les éléments non récurrents, le bénéfice net ajusté du troisième trimestre atteint les 218 millions, ou 1,24 $ par action, contre 168,4 millions, ou 96 ¢ l’action, un an plus tôt. Les revenus se sont repliés de 8 %, de 2,6 milliards à 2,4 milliards.

Le président et chef de la direction, Ian Edwards, qui se voit confirmé dans ses fonctions après avoir exercé l’intérim depuis le départ à la retraite de Neil Bruce, annoncé en juin, estime que le recentrage de SNC affiche ses premiers résultats positifs. « Même s’il est encore trop tôt, les décisions que nous avons prises en juillet [de retirer SNC du modèle des contrats de construction clé en main à prix forfaitaire pour qu’elle se concentre sur ses services d’ingénierie à haut rendement] portent leurs fruits et j’estime que les progrès réalisés sont encourageants. »

Ce dernier segment a dégagé des revenus de 1,58 milliard au troisième trimestre, en hausse de 11 % comparativement au trimestre correspondant de 2018, et un bénéfice d’exploitation de 252,9 millions, en hausse de 37 %. Le carnet de commandes du secteur totalisait 11,42 milliards au 30 septembre, en progression de 10 % sur un an.

Appui de la Caisse

Dans une rare sortie publique, la Caisse de dépôt, actionnaire à près de 20 % de SNC, avait décrié en juillet l’annonce d’une énième réorganisation au sein de la firme, prévoyant une nouvelle orientation stratégique, l’inscription d’une nouvelle charge de 1,9 milliard et le retrait de toutes prévisions. Irritée par cette autre contre-performance de la multinationale, la Caisse exigeait des actions décisives, sans délai, de la part de son conseil d’administration. Dans sa réaction jeudi, la Caisse a manifesté son appui à la nomination de Ian Edwards. « Depuis qu’il a pris la direction de la société il y a quelques mois, il a clairement mis l’accent sur les défis d’exécution. C’est un bon point de départ pour le travail qu’il reste à faire », indique le gestionnaire de portefeuilles dans un courriel.

L’action de SNC-Lavalin a bondi de 20,6 % jeudi pour terminer la séance à 23,81 $, en hausse de 4,06 $. L’action a repris 35 % depuis le 21 octobre, une explosion en deux temps alimentée d’abord par l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire à Ottawa. D’aucuns ont vu dans ce résultat électoral une ouverture potentielle à la conclusion d’un accord de poursuite suspendue avec Ottawa permettant à la multinationale de se libérer des accusations criminelles qui pèsent sur elle. En réponse aux analystes, Ian Edwards n’a pas voulu faire de conjectures. « Nous demeurons concentrés sur notre défense devant les tribunaux, a-t-il répondu. Il est certain que, si des occasions se présentent de régler ce dossier d’une autre manière, nous seront ouverts. Mais on ne s’y attend pas. »