La génération Z québécoise s’inquiète par rapport au marché du travail

La profession d'enseignant demeure populaire auprès de la jeune génération de travailleurs.
Photo: Getty Images La profession d'enseignant demeure populaire auprès de la jeune génération de travailleurs.

Malgré la pénurie de main-d’oeuvre au Québec, les jeunes de la génération Z, nés après 1993, s’inquiètent par rapport au marché du travail, en ayant notamment peur de ne pas trouver un métier qu’ils aiment. C’est du moins l’une des conclusions du rapport « La génération Z du Québec et sa vision du milieu du travail », publié mardi par Academos, une entreprise spécialisée dans le cybermentorat.

Pas moins de 98 % des 1268 jeunes de 14 à 26 ans qui ont répondu au sondage en ligne ont déclaré éprouver de l’inquiétude par rapport au marché du travail. Même s’ils concèdent en majorité qu’ils n’auront pas de difficulté à obtenir un emploi à leur sortie des bancs d’école, leur principale crainte est de ne pas trouver un travail qu’ils aiment, pour près de 60 % d’entre eux. « Le défi est qu’il ne suffit plus de se trouver un emploi. Il faut que ça soit un emploi qu’on aime, dans lequel on s’épanouit, qui va nous faire progresser, dans lequel on s’accomplit et qui va générer un effet positif sur la société », résume la présidente fondatrice d’Academos, Catherine Légaré. La barre est plus haute que de simplement se dire qu’on va se trouver un emploi qui va donner un salaire et qui va durer longtemps, et qu’on va être correct avec ça », ajoute-t-elle.

La moitié des répondants se préoccupe également du fait de ne pas être à la hauteur, 49 % ont peur de ne plus avoir de temps libre ou de trop travailler, et 43 % s’inquiètent d’avoir de mauvaises conditions de travail.

Pour être heureux professionnellement, les Québécois de la génération Z ont été 93 % à déclarer rechercher une grande flexibilité de la part de leur employeur. Les valeurs progressistes semblent également plaire aux jeunes, qui désirent en majorité que l’entreprise pour laquelle ils travaillent soit écoresponsable, qu’elle favorise la diversité et qu’elle contribue positivement à la société. « On voit que les jeunes ne vont plus seulement vouloir avoir un travail, mais qu’ils cherchent une certaine qualité de vie et à travailler pour des entreprises qui sont en cohérence avec leurs valeurs », note Mme Légaré.

Mais même s’ils sont nés à l’ère du numérique, ces jeunes Québécois semblent plus souhaiter exercer une profession traditionnelle plutôt qu’un métier émergent. Ainsi, les professions d’enseignant, de médecin, d’avocat et de psychologue entre autres sont populaires auprès de la génération Z de la province. La bonne nouvelle est que les perspectives d’emploi pour plusieurs de ces professions sont excellentes, selon le gouvernement du Québec. « On voit que la source principale [d’orientation pour un travail], ce sont les parents, c’est l’entourage immédiat. Ce ne sont pas tous les entourages qui sont conscients de la façon dont évolue le marché du travail », souligne Mme Légaré pour expliquer l’attrait de la génération Z pour les professions traditionnelles.

Le fait de posséder sa propre entreprise est également une idée qui interpelle la génération Z. Environ 37 % des sondés ont répondu qu’ils aimeraient un jour être à la tête de leur propre entreprise. Dans plusieurs régions du Québec, le métier d’entrepreneur figure au palmarès des dix professions les plus populaires auprès des répondants. « Les jeunes y voient une opportunité de dépassement, de pouvoir être leur propre patron », note Mme Légaré. Elle explique d’ailleurs que les jeunes y voient une occasion d’aménager leur propre horaire, d’avoir un travail flexible et des défis. « Et ils voient que ça va aller de pair avec l’entreprenariat », ajoute-t-elle.

Méthodologie

Academos a mené un sondage entre les mois de décembre 2018 et janvier 2019. Un courriel a été envoyé en premier lieu aux jeunes nés après 1993 inscrits sur Academos. Le sondage a ensuite été promu auprès des Québécois âgés de 14 à 26 ans sur Facebook. Un total de 1268 jeunes âgés de 14 à 26 ans ont répondu au sondage, bâti sur la plateforme SurveyMonkey. Sept experts externes provenant de divers horizons professionnels ont ensuite analysé les données recueillies. Il est impossible de calculer une marge d’erreur, car il s’agit d’un échantillon non probabiliste.