Soupir de soulagement des travailleurs de la mine Stornoway

En plus de certains problèmes opérationnels, désormais réglés, la mine a grandement souffert d’une baisse soudaine du prix des diamants sur les marchés.
Photo: Stornoway Diamond Corporation En plus de certains problèmes opérationnels, désormais réglés, la mine a grandement souffert d’une baisse soudaine du prix des diamants sur les marchés.

L’annonce de la restructuration et du maintien des activités de Stornoway la semaine dernière a été accueillie avec soulagement dans les communautés locales, où l’on compte par dizaines les habitants dont le gagne-pain est lié à la mine de diamant Renard.

Située à 350 kilomètres au nord de Chibougamau, la mine se trouve au coeur d’une réorganisation majeure : incapable de trouver un acheteur ou un investisseur depuis le mois de juin, Stornoway a eu recours à la protection des tribunaux le 9 septembre pour se protéger contre ses créanciers.

Quatre créanciers garantis ont proposé d’acquérir les actifs de la compagnie et d’allonger un appui financier de 20 millions, cela ayant pour effet d’assurer le maintien des activités de la mine, dont la construction a été inaugurée en 2014 et qui compte aujourd’hui 540 employés.

En plus de certains problèmes opérationnels, désormais réglés, la mine a grandement souffert d’une baisse soudaine du prix des diamants sur les marchés. Alors que la valeur d’un carat était de 147 $US en 2014, elle est tombée à moins de 80 $US au plus récent trimestre.

« Nous sommes toujours préoccupés lorsque les choses ne donnent pas les résultats escomptés, mais nous savons que les mines peuvent traverser des périodes de volatilité », a dit en entrevue Abel Bosum, grand chef du Grand Conseil des Cris, avec lequel la compagnie a signé une entente il y a quelques années. L’accord, qui comprend des volets de nature financière, de main-d’oeuvre et d’environnement, demeure en place, a dit M. Bosum.

[C’est] une bonne nouvelle, parce que ça permet de maintenir les emplois et ça garantit que les fournisseurs pourront continuer à fournir des services

Selon les documents de Stornoway, les Cris d’Eeyou Istchee représentaient 11,3 % des effectifs cet été. La compagnie a indiqué au Devoir la semaine dernière que les Cris comptent aussi pour la grande majorité d’un groupe d’environ 75 sous-traitants. « [Le président Patrick Godin] m’a appelé avant l’annonce. Il a dit que la compagnie devait poser ce geste [la restructuration] afin de répondre à ce qui se passe dans le marché. Nous avons exprimé notre appui », a ajouté M. Bosum.

Emplois et fournisseurs

Selon la mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, l’annonce du 9 septembre est « une bonne nouvelle, parce que ça permet de maintenir les emplois et ça garantit que les fournisseurs pourront continuer à fournir des services et à être payés ». « Parce que l’autre option, c’est que la compagnie fasse faillite, pratico-pratique. »

Sur une population totale de 7500 personnes, Chibougamau compte, bon an mal an, 80 résidents qui travaillent chez Stornoway, selon Mme Cyr, de même que des entreprises qui fournissent des biens et services : matériel de santé et sécurité, transport, etc.

Quand Stornoway a annoncé en juin qu’elle se mettait activement à la recherche de nouveaux capitaux, soit par une vente ou un investissement, « on s’est demandé qui allait vouloir acheter », a dit M. Cyr, entre autres à cause du prix déprimé des diamants sur le marché. Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a commencé à dire publiquement au mois d’août que les parties prenantes travaillaient à une solution.

Les quatre créanciers garantis qui proposent de reprendre les actifs — Investissement Québec (IQ), Redevances Aurifères Osisko, la Caisse de dépôt et placement du Québec et Triple Flag Mining — misent sur une remontée du prix du diamant pour que la mine puisse faire ses frais. Le dossier de restructuration est piloté par Deloitte et encadré par la Cour supérieure du Québec depuis la semaine dernière.

« Si on regarde Chapais, la communauté crie de Mistissini, même Lebel-sur-Quévillon, il y a des gens qui habitent dans ces communautés et qui travaillent pour Stornoway aussi, donc c’est une bonne nouvelle pour la région également », a dit Mme Cyr.

Avant la restructuration, le plus grand actionnaire de Stornoway était IQ, à 25,78 %, suivi de la Caisse, à 11,02 %. Par ailleurs, Stornoway doit à Investissement Québec une dette garantie de 125,3 millions. La mine a déjà été présentée comme le symbole du Plan Nord.