Les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis avancent

Les États-Unis accusent la Chine «de casser ses prix et d’avoir dévalué sa monnaie de 12 %» afin de contrecarrer les tarifs douaniers.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Les États-Unis accusent la Chine «de casser ses prix et d’avoir dévalué sa monnaie de 12 %» afin de contrecarrer les tarifs douaniers.

Le principal conseiller du président Donald Trump sur le commerce, Peter Navarro, a pris le relais de son patron et affirmé vendredi que les négociations commerciales avec la Chine « allaient de l’avant » mais qu’il fallait que la Fed baisse ses taux d’un demi-point de pourcentage d’ici la fin de l’année.

« Nous discutons, nous avons des négociations, on avance. Il y a des problèmes d’ordre structurel importants qui doivent être résolus », a déclaré M. Navarro sur CNN. Washington reproche à la Chine le vol des droits de propriété intellectuelle, le transfert forcé de technologies ou les subventions dont bénéficient les entreprises d’État.

Peter Navarro accuse par ailleurs la Chine « de casser ses prix et d’avoir dévalué sa monnaie de 12 % » afin de contrecarrer les tarifs douaniers. Pour le conseiller, « le scénario à suivre » est que « la Fed baisse ses taux de 50 points de base en septembre et encore 25 points à la fin de l’année ».

La Banque centrale a réduit d’un quart de point (0,25 %) le coût du crédit fin juillet pour la première fois en plus d’une décennie, afin de soutenir la croissance face à l’affaiblissement de l’économie mondiale. Sa prochaine réunion monétaire est prévue le 18 septembre.

Jeudi, le président américain affirmait que la prochaine session de négociations commerciales entre Pékin et Washington programmée début septembre était « toujours prévue ». « C’est toujours prévu, si je comprends bien. Mais plus important que le rendez-vous de septembre, nous parlons au téléphone, nous avons des entretiens productifs », a-t-il affirmé, répondant à des journalistes dans le New Jersey.

Il a répété que la Chine « voulait parvenir à un accord » et qu’il allait « bientôt » parler au président chinois Xi Jinping, qu’il « connaît bien ».

En début de semaine, le gouvernement Trump a finalement repoussé de plus de deux mois l’instauration de tarifs douaniers supplémentaires sur une vaste liste de produits grand public importés de Chine comme des téléphones et des jouets. Ce surcroît de taxes devait s’imposer au 1er septembre, avait décrété Donald Trump après avoir été déçu par le dernier round de discussions lorsque ses émissaires, Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, et Robert Lighthizer, ambassadeur au Commerce, étaient revenus de Shanghai fin juillet sans grande avancée.

Mais à l’approche de la saison des achats de fin d’année, le gouvernement Trump, par crainte de répercussions sur les prix des achats des consommateurs américains, a préféré reporter la surenchère tarifaire.

Jeudi, Donald Trump a aussi répété que la Fed et son président, Jerome Powell, devaient baisser les taux d’intérêt. « Tous les pays partout dans le monde baissent leurs taux. Il faut que ce soit équilibré. Je m’en moque qu’on soit plus haut [sur les taux] mais on est bien trop haut », a-t-il affirmé ajoutant que Jerome Powell avait fait « une grosse bêtise » en relevant les taux fin 2018.

Question d’alimenter son discours, la banque centrale mexicaine a annoncé jeudi une baisse inattendue de son principal taux directeur, ramené de 8,25 % à 8 %, venant s’ajouter à la liste des autorités monétaires faisant le choix de réduire le coût du crédit face aux multiples menaces pesant sur la croissance. Elle a justifié sa décision par la faiblesse de l’inflation et par l’augmentation des capacités inemployées dans l’économie.

Avec Le Devoir