À la défense de la banque centrale américaine

Le président de la Fed, Jerome Powell
Photo: Andrew Caballero-Reynolds Agence France-Presse Le président de la Fed, Jerome Powell

Quatre anciens présidents de la Réserve fédérale ont défendu l’indépendance de la banque centrale face aux attaques répétées de Donald Trump. Le locataire de la Maison-Blanche ne cesse d’appeler de tous ses voeux une baisse prononcée du taux directeur. Ce qui ne l’a pas empêché de faire l’éloge mardi du loyer de l’argent plus élevé aux États-Unis dans son affrontement avec la Chine.

Dans une lettre publiée lundi dans le Wall Street Journal, les Paul Volcker, Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen ont lancé un vibrant appel à la sauvegarde de l’indépendance de la Réserve fédérale. Sans nommer le président des États-Unis, les quatre ex-présidents de la Fed ont fait une longue démonstration de la nécessité de l’immuniser contre une ingérence politique soumise à des impératifs électoraux. « La Fed et son président doivent pouvoir agir indépendamment et dans l’intérêt supérieur de l’économie, à l’abri des pressions politiques à courte vue » et de la menace d’un limogeage des dirigeants pour des motifs politiques.

Cette sortie plutôt inusitée a été suivie mardi d’une entrevue accordée par un des membres du Comité monétaire de la Fed. Dans un entretien à l’Agence France-Presse, James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, a précisé que la banque centrale a déjà beaucoup fait pour soutenir la croissance de l’économie américaine et que le taux directeur, après la baisse de 25 points la semaine dernière, se situait « dans la bonne fourchette ». Surtout, la Fed ne peut pas « faire évoluer sa politique monétaire du tac au tac après chaque menace d’un côté comme de l’autre », a-t-il dit, en référence à la guerre commerciale que livrent les États-Unis à la Chine.

Cela n’a pas empêché Peter Navarro, l’un des principaux conseillers de Donald Trump, de revenir à la charge mardi et de reprendre le thème du président pour réclamer une baisse des taux d’au moins 75 à 100 points de base avant la fin de l’année. Le taux au jour le jour a été ramené dans la fourchette 2-2,25 %.

Un peu plus tôt, Donald Trump faisait une pause dans ses attaques contre la Fed et son président, Jerome Powell, pour plutôt se réjouir que le loyer de l’argent soit plus élevé aux États-Unis. « Des montants massifs d’argent de la Chine et d’ailleurs dans le monde affluent aux États-Unis pour des raisons de sécurité, d‘investissement et de taux d’intérêt. » M. Trump réagissait alors à la dépréciation de la devise chinoise.