Cuba se défendra contre ExxonMobil

<p>Exxon est issue de l’ancienne compagnie Standard Oil, dont la raffinerie à La Havane avait été l’une des premières entreprises américaines à être nationalisées par Fidel Castro.</p>
Photo: Richard Drew Associated Press

Exxon est issue de l’ancienne compagnie Standard Oil, dont la raffinerie à La Havane avait été l’une des premières entreprises américaines à être nationalisées par Fidel Castro.

Le gouvernement cubain a annoncé mardi qu’il entendait se défendre devant la justice américaine après les poursuites engagées par la compagnie pétrolière américaine ExxonMobil contre deux entreprises cubaines pour des biens confisqués sur l’île lors de la révolution castriste de 1959.

« Les entreprises cubaines Cuba Petroleo [Cupet] et la coentreprise Cimex ont entrepris des démarches, à travers leurs avocats, pour se défendre devant une cour fédérale du district de Columbia [la capitale fédérale, NDLR], aux États-Unis, face aux poursuites engagées par la multinationale ExxonMobil », a annoncé la télévision d’État cubaine.

La pétrolière accuse ces entreprises cubaines de « trafic illégal de propriété confisquée », en vertu du chapitre III de la loi Helms-Burton, entrée en vigueur en mai, qui permet aux Américains de demander réparation des nationalisations. Dans sa plainte, ExxonMobil réclame des compensations pour l’utilisation d’une raffinerie, de stations-service et d’autres actifs.

Exxon est issue de l’ancienne compagnie Standard Oil, dont la raffinerie à La Havane avait été l’une des premières entreprises américaines à être nationalisées par Fidel Castro. Exxon a ensuite fusionné avec Mobil en 1988. La raffinerie est actuellement exploitée par Cupet, tandis que Cimex, de capitaux publics cubains, gère des stations-service dans toute l’île.

Le chapitre III de la loi Helms-Burton, adoptée par les États-Unis en 1996, permet aux exilés cubains de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après 1959. Depuis son adoption, cette disposition a été systématiquement suspendue par les présidents américains, depuis Bill Clinton, pour justement ne pas froisser les alliés internationaux des États-Unis.