La Chine lance son équivalent du Nasdaq

La cérémonie d’inauguration de STAR Market a eu lieu à Shanghai.
Photo: Chinatopix Via Associated Press La cérémonie d’inauguration de STAR Market a eu lieu à Shanghai.

La Chine dispose désormais d’un équivalent de l’indice new-yorkais Nasdaq : les premières cotations ont débuté lundi sur une nouvelle plateforme de la Bourse de Shanghai consacrée aux valeurs du secteur technologique, qui fait l’objet d’une rivalité croissante entre Pékin et Washington.

Il s’agit de l’une des réformes les plus importantes du marché chinois, à l’heure où le géant asiatique s’efforce de rééquilibrer son modèle économique vers les nouvelles technologies et les produits à haute valeur ajoutée, et en pleine guerre commerciale avec les États-Unis. Baptisé STAR Market, le Nasdaq chinois dispose de règles d’introduction en Bourse considérablement assouplies pour aider les entreprises prometteuses à lever plus facilement des capitaux afin de financer leur développement.

L’objectif affiché est aussi de retenir en Chine continentale les pépites nationales de la technologie, à l’heure où le géant asiatique rivalise avec les États-Unis pour dominer le crucial secteur technologique. « Si la Chine n’avait pas lancé une nouvelle plateforme boursière consacrée aux valeurs technologiques, elle aurait raté une occasion de faire basculer son développement économique vers celui de la nouvelle économie », estime Yang Delong, économiste en chef chez First Seafront Fund Management, basé à Shenzhen.

Les géants chinois Alibaba (commerce en ligne) et Baidu (moteur de recherche) sont entrés il y a plusieurs années à Wall Street. Le mastodonte Tencent (Internet) a lui choisi la Bourse de Hong Kong. Lorsque de grandes entreprises chinoises sont cotées à l’étranger, Pékin a moins d’influence sur leur financement. Les restrictions de la Chine sur l’achat d’actions étrangères empêchent par ailleurs les investisseurs chinois de participer au succès de ces sociétés.

Plus de 3000 sociétés sont actuellement cotées au Nasdaq à Wall Street, quand son équivalent chinois à Shanghai n’en compte pour le moment que 25, sans aucun nom connu.
 

Ce projet de créer à Shanghai une plateforme boursière consacrée aux valeurs technologiques, sur le modèle de l’indice Nasdaq new-yorkais, avait été dévoilé en novembre par le président Xi Jinping. Jusqu’alors, c’est surtout Shenzhen, deuxième place boursière de Chine continentale après Shanghai, qui se distinguait par la coloration technologique de sa cote.