Les prêteurs alternatifs sont plus présents

Les prêteurs alternatifs accaparent une part toujours plus grande dans le segment des prêts non assurés.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les prêteurs alternatifs accaparent une part toujours plus grande dans le segment des prêts non assurés.

Le resserrement des règles hypothécaires est venu ralentir la croissance de l’encours du crédit et diminuer la proportion des prêts assurés. Au plus grand plaisir des prêteurs non réglementés.
 

Le dernier rapport sur l’industrie hypothécaire résidentielle vient confirmer l’impact sensible du resserrement des règles hypothécaires et autres mesures adoptées visant à freiner l’accès à la propriété. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a observé une diminution du nombre de prêts initiés en 2018, ramenant le taux de croissance de l’encours du crédit hypothécaire à son niveau le plus bas en plus de 25 ans. Le nombre de ces prêts hypothécaires dits initiés pour l’achat d’une propriété a baissé de 19 % l’an dernier. Pour sa part, le nombre de prêts refinancés a diminué de 12 %.

Sur le marché immobilier résidentiel, la SCHL constate également un recul de 3 % des mises en chantier l’an dernier, et de 11,1 % des ventes sur le système interagences. « L’accalmie en 2018 s’explique par une combinaison de facteurs, notamment le resserrement des lignes directrices de souscription et autres changements régulatoires provinciaux et municipaux, l’augmentation du coût d’emprunt, une conjoncture économique modérée et, possiblement certains facteurs comportementaux du côté des emprunteurs. L’ensemble de ces facteurs aurait ainsi freiné la demande sur les marchés du neuf et de la revente dans certains grands centres au Canada, comme dans le cas de Toronto et Vancouver », écrit la SCHL.

Autre indicateur digne de mention : les prêts hypothécaires initiés assurés ont représenté moins du tiers des nouveaux prêts. Ainsi, la proportion des prêts assurés en cours est passée de 57 à 41 % entre les premiers trimestres de 2015 et de 2018.

Le rapport accorde une part de marché de 78 % aux institutions financières fédérales, essentiellement les banques, et de 14 % aux coopératives de crédit. S’ajoutent les sociétés de crédit hypothécaire, des institutions dites quasi réglementées du fait qu’elles ont recours aux programmes de titrisation publics, qui revendiquent une part de 6 %.

Les autres prêteurs alternatifs, regroupés sous le nom de sociétés de placement hypothécaire, ne retiennent que 1 % du marché des prêts en cours mais ils accaparent une part toujours plus grande dans le segment des prêts non assurés. La taille du marché dans cet univers composé de 200 à 300 sociétés est estimée à près de 14 milliards en 2018, contre 9 milliards en 2016, soit une hausse de 55 %. Selon des données échantillonnales, leur portefeuille était composé à 65 % d’hypothèques de premier rang, les 35 % restant étant de rang inférieur.