L’économie chinoise à son plus bas en 26 ans

Si la croissance annuelle de la Chine ralentissait jusqu’à 4,5% d’ici la fin de la prochaine décennie, les prix mondiaux des métaux chuteraient de 40% à 60%.
Photo: Agence France-Presse Si la croissance annuelle de la Chine ralentissait jusqu’à 4,5% d’ici la fin de la prochaine décennie, les prix mondiaux des métaux chuteraient de 40% à 60%.

La croissance économique de la Chine a atteint son plus bas niveau en au moins 26 ans au cours du trimestre clos en juin, ce qui a accentué la pression sur les dirigeants chinois, aux prises avec une guerre commerciale contre Washington.

La deuxième plus grande économie au monde a progressé de 6,2 % par rapport à l’an dernier au plus récent trimestre, ce qui marque un ralentissement par rapport à la croissance de 6,4 % enregistrée pendant les trois premiers mois de l’année, selon les données gouvernementales publiées lundi.

Les prévisionnistes s’attendaient à un redressement de l’économie chinoise à la fin de 2018, mais ils ont repoussé cet objectif après que le président américain Donald Trump eut augmenté les droits de douane sur les importations chinoises. M. Trump espère ainsi faire pression sur Pékin, à qui il reproche notamment ses tactiques de développement technologique. Les économistes estiment maintenant que le ralentissement pourrait se prolonger jusqu’à l’année prochaine.

Un ralentissement des activités chinoises a des répercussions mondiales. La Chine est le deuxième marché d’exportation du monde derrière les États-Unis. Les pays qui fournissent des matières premières aux usines chinoises — du cuivre chilien au charbon indonésien — sont particulièrement vulnérables à la décélération de la croissance en Chine. Des chercheurs de J.P.Morgan ont estimé que, si la croissance annuelle de la Chine ralentissait jusqu’à 4,5 % d’ici la fin de la prochaine décennie, les prix mondiaux des métaux chuteraient de 40 % à 60 %.

M. Trump et le président chinois Xi Jinping ont convenu le mois dernier de reprendre les négociations dans le conflit qui a durement touché les exportateurs des deux pays. Mais les économistes avertissent que la trêve est fragile, car le même éventail de différends qui a entraîné la rupture des pourparlers en mai est toujours présent.

La croissance du deuxième trimestre est la plus faible depuis que la Chine a commencé à communiquer de telles données, en 1993, a souligné un employé du service de presse du Bureau national des statistiques (BNS), Dong Hui.

Le Fonds monétaire international et des économistes du secteur privé ont ramené la prévision de croissance chinoise pour cette année à 6,2 %, une nouvelle baisse marquée après le creux de 6,6 % enregistré l’an dernier.