Acheter une maison à Montréal demeure difficile

Dans la métropole québécoise, les versements hypothécaires, l’impôt foncier et le coût des services publics représentent 44,3% du revenu avant impôt médian des ménages.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Dans la métropole québécoise, les versements hypothécaires, l’impôt foncier et le coût des services publics représentent 44,3% du revenu avant impôt médian des ménages.

Si l’accessibilité à la propriété poursuit son amélioration à l’échelle canadienne, son seuil demeure très élevé à Montréal. Il frôle son sommet de dix ans, alimenté par des prix s’approchant de la limite de la capacité de payer des acheteurs.

L’accessibilité à la propriété immobilière s’est améliorée au Canada au cours des trois premiers mois de 2019, poursuivant ainsi le mouvement observé au trimestre précédent. « Cette amélioration témoigne surtout d’un léger recul des prix dans les provinces de l’Atlantique et dans l’ouest du Canada, ainsi que d’une hausse du revenu des ménages […] même si Toronto et Vancouver demeurent des “obstacles insurmontables” pour la plupart des acheteurs », lit-on dans le rapport Tendances immobilières et accessibilité à la propriété de Recherche économique RBC. L’indice global s’est replié de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 51,4 %. Ce ratio calcule la part du revenu des ménages avant impôt médian qui serait nécessaire pour couvrir les versements hypothécaires (capital et intérêts), l’impôt foncier et le coût des services publics.

L’économiste principal de la Banque Royale, Robert Hogue, lie directement cette amélioration aux mesures prises par les gouvernements visant à atténuer la demande dans les poches de surchauffe. « Bien que les prix à Toronto et à Vancouver soient encore loin des prix que les ménages canadiens peuvent se permettre de payer, les décideurs devraient se réjouir des progrès réalisés dans l’ensemble pour rétablir l’accessibilité à la propriété à la grandeur du pays », a-t-il souligné. S’ensuivent l’accalmie au chapitre des taux d’intérêt et des perspectives pour les revenus des ménages demeurant favorables.

Les marchés les plus accessibles au Canada se trouvent à St. John’s, à Régina, à Québec et à Halifax. À l’opposé, dans la région de Vancouver, seule une famille sur huit gagne un revenu suffisant pour couvrir les coûts de propriété. À Toronto et à Victoria, cette proportion est de une sur cinq. L’écart se vérifie également dans le segment des copropriétés, généralement à la portée d’un plus grand nombre d’acheteurs. À peine plus du quart des familles seraient en mesure d’en assumer les coûts à Vancouver, et seulement un tiers à Toronto. « Dans la plupart des autres marchés, près des deux tiers des familles peuvent envisager l’achat d’un appartement en copropriété », ajoute RBC.

Montréal, pas comme Toronto

À Toronto, l’accession à la propriété reste en définitive hors de portée avec un indice de 66 %. À Vancouver, elle se situe à un niveau critique, à 82 %. Ainsi, même si le prix des logements reste élevé à Montréal, l’accessibilité n’a rien de comparable. L’indice global se chiffrait à 44,3 % au premier trimestre, inchangé par rapport au quatrième de 2018. RBC met toutefois en exergue le fait que cette mesure se rapproche de son sommet sur dix ans et « dépasse largement la moyenne à long terme de 38,6 % ». « La vigueur de l’économie et du marché du travail ainsi que l’attrait grandissant exercé au niveau international continuent d’alimenter la confiance débordante de la région », résume le rapport.

Sur le marché de Québec, la vigueur de l’emploi, avec un taux de chômage à 2,8 %, soutient la demande alors que l’abondance de logements à vendre exerce une pression à la baisse sur les prix et les coûts de propriété. La mesure globale d’accessibilité, à 28,4 % au premier trimestre, « classe le marché de Québec en bonne position par rapport à la plupart des autres régions ».