L’austérité budgétaire a fait place à un réengagement de Québec

Le retour à la santé financière s’appuie sur un accroissement des revenus du Québec.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le retour à la santé financière s’appuie sur un accroissement des revenus du Québec.

Le Québec est, plus que partout ailleurs au Canada, réengagé dans le financement des missions de l’État, le retour en territoire des soldes budgétaires positifs aidant. S’il est vrai qu’il a pu bénéficier d’un accroissement des transferts fédéraux au fil des ans, le Québec est resté en milieu de peloton à ce chapitre.

L’austérité budgétaire a fait place à un réengagement de Québec envers ces grandes dépenses de programme. « Un examen global des dépenses de mission du gouvernement du Québec révèle une croissance en proportion du PIB entre le début des années 2000 et 2009-2010, pour diminuer légèrement et irrégulièrement par la suite, atteignant un creux à 22,4 % du PIB en 2015-2016. Une légère tendance à la hausse se dessine depuis », peut-on lire dans l’édition 2019 du Panorama des finances publiques du Québec, publié vendredi par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke. Malgré les aléas, les dépenses de mission du gouvernement québécois sont plus élevées que la moyenne des provinces canadiennes. Le cahier de recherche, cosigné par Michael-Robert Angers et Luc Godbout, ajoute que sur la base des dépenses des administrations publiques, « on constate que celles-ci sont plus élevées au Québec que pour la moyenne des pays de l’OCDE en 2017 ».

Cette progression des dépenses s’inscrit dans un contexte d’un retour à l’équilibre budgétaire, les livres comptabilisant un excédent aux comptes publics (avant les versements au Fonds des générations) depuis 2014-2015. « Le Québec affiche l’excédent le plus important parmi les provinces canadiennes au 31 mars 2018 », ajoute la Chaire, avec un solde incluant les versements au Fonds des générations positifs en 2017-2018, à 0,5 % du PIB.

Le Québec affiche l’excédent le plus important parmi les provinces cana-diennes au 31 mars 2018

 

Ce retour à la santé financière s’appuie fortement sur un accroissement des revenus du Québec, qui, en proportion du PIB, revenaient en 2017-2018 à leur niveau de 1998-1999. D’un point de vue consolidé, « les revenus des administrations publiques au Québec sont plus élevés que ceux de la moyenne des pays de l’OCDE, se situant au 10e rang des pays présentant les ratios au PIB les plus élevés entre l’Allemagne et l’Italie », peut-on lire. Lorsque la lecture est décortiquée, l’on observe que le poids des revenus autonomes du gouvernement du Québec par rapport au PIB est, en 2017-2018, le plus élevé parmi les provinces. Si l’on ajoute les transferts fédéraux, le Québec passe à la deuxième place. En revanche, la part des transferts fédéraux dans les revenus du Québec est en hausse depuis 2007-2008, pour atteindre 20,7 % dix ans plus tard.

Progression des transferts

L’étude de la Chaire consacre un large chapitre aux transferts fédéraux. Ces paiements de transferts comptaient pour 5,4 % du PIB québécois en 2017-2018, en augmentation de deux points de pourcentage sur dix ans, alors que les revenus autonomes demeuraient relativement stables dans l’intervalle. Le Québec n’est toutefois pas le plus grand bénéficiaire de ces transferts. En pourcentage du PIB, il arrive derrière l’Île-du-Prince-Édouard (10,6 %), le Nouveau-Brunswick (9 %), la Nouvelle-Écosse (8,4 %) et le Manitoba (5,9 %). Le même classement prévaut lorsque les transferts sont mesurés par habitant, et ce, tant au chapitre des transferts totaux que pour sa composante péréquation.

Enfin, la situation financière du Québec s’est améliorée, notamment en regard de son endettement. Tout en demeurant la deuxième plus élevée parmi les provinces, à 42,3 % du PIB en 2017-2018, la dette nette est en réduction constante depuis 2012-2013. Et lorsqu’on additionne les dettes nettes de l’ensemble des administrations publiques québécoises (incluant la part québécoise de la dette fédérale et la dette des municipalités), « il est possible de constater que cet indicateur en pourcentage du PIB est inférieur à la majorité des pays du G7 ; outre le Canada, seule l’Allemagne présente un ratio plus faible. »