Plus de la moitié des Québécois à moins de 200$ de l’insolvabilité

Le quart de ces Québécois se disent déjà tellement en difficulté que leur salaire est insuffisant pour payer factures et dettes.
Photo: iStock Le quart de ces Québécois se disent déjà tellement en difficulté que leur salaire est insuffisant pour payer factures et dettes.

Plus de la moitié des Québécois sont à 200 $ ou moins du seuil de l’insolvabilité financière à la fin de chaque mois et la proportion va en augmentant, rapporte un sondage. Mais on ne le regrette pas. Les Québécois se révèlent généralement moins préoccupés par leur niveau d’endettement que la majorité des autres Canadiens, selon un sondage Ipsos réalisé pour le compte de la firme spécialisée en insolvabilité MNP et dont les résultats ont été dévoilés mardi. Pourtant, 51 % des répondants au Québec affirment frôler le défaut de paiement chaque mois, au point de ne pas pouvoir payer une facture additionnelle de 200 $ ou moins. Cette proportion était encore de 46 % en décembre et s’élève en moyenne à 48 % au Canada. Le quart de ces Québécois (27 %) se disent déjà tellement en difficulté que leur salaire est insuffisant pour payer leurs factures et leurs dettes.

Pas étonnant, dans ce contexte, que deux Québécois sur cinq (43 %, contre 47 % des Canadiens) craignent les difficultés financières en cas d’augmentation des taux d’intérêt et que près du tiers (31 % contre 35 %) y voient un risque de faillite. Quoi qu’il arrive, 42 % (contre 46 % en décembre) prévoient de ne pas être en mesure d’assumer tous les frais de subsistance et les dépenses familiales au cours des 12 prochains mois sans s’endetter davantage, alors que seulement le tiers (32 % contre 35 % au Canada) croient, au contraire, pouvoir réduire leur niveau d’endettement. En attendant, 62 % des Québécois (67 % des Canadiens) se disent plus endettés aujourd’hui qu’ils l’étaient à pareille date l’an dernier, le tiers (35 %) s’en disent préoccupés et 32 % (41 % de Canadiens) admettent regretter le montant des dettes qu’ils ont contractées dans leur vie.

« Lorsqu’il y a si peu de jeu dans le budget du ménage, les gens peuvent facilement se retrouver prisonniers d’un cycle d’endettement sans fin », a observé dans un communiqué Frédéric Lachance, syndic en insolvabilité chez MNP. « Ce n’est pas qu’une question de vivre au-dessus de ses moyens. En réalité, beaucoup trop de ménages n’arrivent tout simplement pas à boucler les fins de mois, quels que soient les efforts qu’ils y mettent. »

42%
C’est la part de Québécois qui pensent ne pas être en mesure d’assumer tous les frais de subsistance.

La Banque du Canada doit mettre à jour, mercredi, le niveau de son taux directeur sur lequel toutes les institutions financières canadiennes se baseront ensuite pour fixer leurs propres taux d’intérêt. La grande majorité des observateurs s’attendent à ce que la banque centrale maintienne ses taux inchangés pendant de nombreux mois encore.

Dans un discours à Vancouver le mois dernier, sa première sous-gouverneure, Carolyn Wilkins, avait redit comment « l’endettement élevé des ménages, qui atteint aujourd’hui environ 178 % du revenu disponible, est la principale vulnérabilité financière au pays » et que « la Banque en tient compte dans la formulation de la politique monétaire ».

Mené du 13 au 24 mars auprès d’un total de 2700 répondants, le sondage en ligne d’Ipsos s’attribue une marge d’erreur de plus ou moins 2,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20, lorsqu’il est question de l’ensemble de la population canadienne, mais plus grande en ce qui a trait à des sous-ensembles, comme le Québec.