Le patron d’Air Canada se montre optimiste

La volatilité des prix du carburant reste une préoccupation constante pour la compagnie aérienne.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La volatilité des prix du carburant reste une préoccupation constante pour la compagnie aérienne.

Le patron du plus grand transporteur aérien du pays ne s’inquiète pas d’un éventuel ralentissement économique mondial. « Malgré tout le bruit qui entoure les craintes d’une récession et de guerres commerciales, nous voyons un marché assez vigoureux et haussier », a affirmé vendredi le chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

La direction a également estimé que le Brexit ne constituait pas une menace depuis la signature d’un accord aérien entre le Canada et le Royaume-Uni, en décembre. Par ailleurs, la chef des affaires commerciales, Lucie Guillemette, a indiqué que la capacité entre le Canada et la Chine avait été réduite « en raison de problèmes géopolitiques ainsi que de pressions concurrentielles permanentes », puis réaffectée à l’Atlantique.

En revanche, « nous continuons d’observer une pression accrue de la concurrence et de la capacité de la part de transporteurs nationaux à très bas prix sur le marché, et plus particulièrement sur les routes régionales de l’Alberta, où nous sommes relativement peu présents », a souligné Mme Guillemette, faisant référence au principal rival national d’Air Canada, WestJet Airlines. L’expansion récente de Flair Airlines, le lancement prochain de Canada Jetlines et le transporteur à très bas prix Swoop, de WestJet, encombrent le même espace aérien que le transporteur à bas prix Rouge, d’Air Canada, lancé en 2012. WestJet veut également défier la domination transatlantique d’Air Canada.

36 %
C’est le pourcentage d’augmentation par rapport à l’exercice précédent des coûts du carburant pour les jets.

Résultats plombés

La volatilité des prix du carburant reste une préoccupation constante. Air Canada a dépensé 244 millions en carburant au plus récent trimestre, soit 29 % de plus que l’an dernier, en raison de la hausse des prix et de la faiblesse du dollar canadien. Air Canada a affiché une perte nette de 231 millions, ou 85 ¢ par action, pour son quatrième trimestre clos le 31 décembre. Pour la même période un an plus tôt, elle avait réalisé un bénéfice net de 8 millions, ou 2 ¢ par action. Le bénéfice ajusté d’Air Canada, qui exclut l’impact des taux de change, s’est chiffré à 54 millions, ou 20 ¢ par action, en baisse par rapport à celui de 60 millions, ou 22 ¢ par action, un an plus tôt. Les revenus du transporteur aérien montréalais ont grimpé à 4,24 milliards, comparativement à ceux de 3,82 milliards du même trimestre un an plus tôt.

Pour l’ensemble de l’exercice, Air Canada a gagné 167 millions, contre 2,03 milliards pour l’exercice 2017. Les coûts du carburant pour les jets ont bondi de 36 % par rapport à l’exercice précédent, pour atteindre 3,97 milliards. Sur une base ajustée, le bénéfice par action a diminué de 40 % par rapport à l’année précédente, passant de 4,11 $ en 2017 à 2,45 $ en 2018.

Les revenus annuels ont augmenté de 11 % pour atteindre 18,07 milliards, alors que les produits auxiliaires ont augmenté de 13 %, surpassant la croissance des revenus passagers. Les frais de bagages et les surclassements ont ouvert la voie, suivis de la sélection des sièges et des privilèges préférentiels.