Les studios indépendants reçoivent l’appui de Desjardins

Selon une étude de TechnoCompétences réalisée en 2016, l’industrie québécoise du jeu vidéo comptait alors 9970 employés, huit fois plus qu’en 2002.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Selon une étude de TechnoCompétences réalisée en 2016, l’industrie québécoise du jeu vidéo comptait alors 9970 employés, huit fois plus qu’en 2002.

Fondée en 2016, la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec a annoncé mercredi un appui de taille : une enveloppe de 750 000 $ du Mouvement Desjardins, ce qui lui permettra d’augmenter les services partagés et le soutien dont bénéficient ses studios membres.

Constituée de 162 sociétés, toutes détenues principalement par des intérêts québécois, la Guilde a pour mandat de structurer le secteur et de favoriser les échanges. L’impact économique de ses membres est estimé à 2200 emplois directs et indirects.

Sur les 750 000 $, 740 000 $ proviennent du fonds de 100 millions mis sur pied en 2016 afin de soutenir le développement économique des régions. L’autre tranche de 10 000 $ provient de la Caisse d’économie solidaire. L’ensemble de l’enveloppe sera versé sur trois ans.

« La Guilde a pris de la maturité et on était rendu à un point, dans notre évolution, où on était prêts à passer à la prochaine étape », a dit son président, Louis-Félix Cauchon. Il est également président de Jeux Borealys.

Grands succès pour petits studios

Selon les données les plus récentes, le Québec compterait au total 200 studios indépendants, dont la plupart ont adhéré à la Guilde depuis sa création. « On n’a pas fait de promotion. Les studios viennent d’eux-mêmes », dit M. Cauchon. Parmi les services offerts figurent des tarifs préférentiels pour certains types de professionnels, d’assurances, etc.

« Il n’y a pas d’objectif de rendement sur le capital », a dit le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier. « L’objectif est vraiment de contribuer au développement de ces studios-là. »

En marge du dévoilement d’un portrait de l’industrie fait en 2016, M. Cauchon avait affirmé qu’un des défis du secteur dans les prochaines années consisterait à produire de gros succès. Cela semble se concrétiser. Le jeu Messenger, créé à Québec par Sabotage Studio, a gagné en décembre le prix du meilleur premier jeu pour un studio indépendant lors des Game Awards, à Los Angeles. La série Outlast, dont les différentes versions se sont écoulées par millions, est l’oeuvre de Red Barrels, de Montréal.

Selon une étude de TechnoCompétences réalisée en 2016, l’industrie québécoise du jeu vidéo comptait alors 9970 employés, huit fois plus qu’en 2002. Au total, on dénombrait 231 studios, qu’ils soient indépendants ou non.

Pour un artiste, l’échelle salariale se situait alors entre 38 000 $ et 75 000 $, selon l’étude. Pour un programmeur, l’échelle était plutôt de 46 000 $ à 96 000 $.

Les sociétés du secteur bénéficient d’un crédit d’impôt remboursable qui peut atteindre 37,5 % sur les dépenses salariales, un appui gouvernemental dont les origines remontent aux années 1990.