L’énergie fossile se fait résiliente

L’énergie fossile affiche une résilience insolente en ces lendemains d’une COP24 peu convaincante.
Photo: Robert Sullivan Agence France-Presse L’énergie fossile affiche une résilience insolente en ces lendemains d’une COP24 peu convaincante.

En ces lendemains de COP24, la production pétrolière se maintient à des niveaux records et la demande mondiale reste soutenue pour le charbon. Rien n’y fait, l’énergie fossile affiche une résistance aux changements.

Les cours pétroliers poursuivaient leur dégringolade sur les marchés à terme mardi. Le WTI, qualité de référence aux États-Unis, a clôturé à 46,60 $US le baril, en chute de 3,28 $US ou de 6,6 % sur la séance. Lundi, il tombait sous les 50 $US pour la première fois depuis octobre 2017. À Londres, le Brent a abandonné 3,35 $US, ou 5,6 %, pour fermer la séance à 56,26 $US, également son prix le plus bas depuis octobre 2017.

Sur dix semaines, la chute des cours de référence de l’or noir atteint les 40 % à New York, les 35 % à Londres, sans que l’offre soit inquiétée. Mardi les participants au marché retenaient que la production pétrolière se situait à des niveaux records en Russie et aux États-Unis au moment même où la demande en énergie pourrait s’essouffler sous le coup d’un ralentissement économique toujours plus perceptible sur les radars. « La stabilisation du marché du pétrole fait déjà partie de l’histoire ancienne et l’effet de la réduction de la production annoncée par l’OPEP s’est entièrement évaporé », ont souligné les analystes de Commerzbank.

À contre-courant de la COP24

Aux États-Unis, l’agence américaine d’information sur l’énergie a déposé un rapport dans lequel elle anticipe une hausse de la production de pétrole de schiste de 134 000 barils par jour aux États-Unis entre décembre et janvier, s’ajoutant à des extractions déjà records dans le pays.

S’ajoutent les observations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui la semaine dernière affirmait que les réserves commerciales de brut des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique avaient augmenté en octobre pour le quatrième mois de suite.

La tendance du marché s’avère résistante au changement

L’énergie fossile affiche donc une résilience insolente en ces lendemains d’une COP24 peu convaincante. D’autant que l’AIE publiait mardi un rapport concluant à une demande mondiale de charbon appelée à poursuivre sa marche ascendante au cours des cinq prochaines années. La croissance de la consommation de ce combustible en Inde et dans d’autres pays d’Asie va outrepasser la baisse attendue en Europe, aux États-Unis et en Chine, a précisé l’agence internationale fondée par l’OCDE. L’an dernier, après deux années de baisse, elle était repartie à la hausse (+1 %), et la production d’électricité à partir de charbon avait progressé d’environ 3 %. La nouvelle augmentation anticipée serait de 0,2 %, en moyenne, par année d’ici 2023, la consommation passant de 5,355 millions de tonnes d’équivalent charbon en 2017 à 5,418 millions en 2023.

« Malgré l’attention portée par les médias à la baisse des investissements et à la désaffection vis-à-vis du charbon, la tendance du marché s’avère résistante au changement », peut-on lire dans le rapport de l’AIE, qui rappelle que le charbon demeure la deuxième source d’énergie primaire au monde, après le pétrole, et la plus importante source d’électricité.

La consommation devrait se replier de 0,5 % par an en Chine en raison des mesures de lutte contre la pollution atmosphérique menée par Pékin. La demande empruntera le chemin opposé en Inde et ailleurs en Asie.

Avec l'Agence France-Presse