Remontée spectaculaire à Wall Street

Le Dow Jones a lâché 0,3% à 24 947,67 points. Le Nasdaq a pris de son côté 0,4% à 7188,26 points et le S&P 500 a perdu 0,2% à 2695,95 points.
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse Le Dow Jones a lâché 0,3% à 24 947,67 points. Le Nasdaq a pris de son côté 0,4% à 7188,26 points et le S&P 500 a perdu 0,2% à 2695,95 points.

Wall Street a opéré un rétablissement spectaculaire jeudi après un bain de sang sur les grandes places financières du monde entier, à la faveur d’informations faisant espérer que la banque centrale américaine augmentera ses taux moins rapidement.

Le Dow Jones a lâché 0,3 % à 24 947,67 points. Le Nasdaq a pris de son côté 0,4 % à 7188,26 points et le S&P 500 a perdu 0,2 % à 2695,95 points. Les investisseurs ont été rassérénés en milieu de journée par un article du Wall Street Journal prédisant que la Fed allait augmenter ses taux moins vite en 2019. Cette nouvelle est arrivée cependant trop tard pour aider les autres grandes places du monde. Elles ont été précipitées dans des chutes brutales par la nouvelle de l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, une cadre du groupe chinois Huawei, à la demande des États-Unis. La Chine s’est insurgée et la nouvelle fait craindre que la trêve fragile dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington n’en souffre. À Paris, le CAC a chuté de 3,3 %, la Bourse de Francfort de 3,5 % et la Bourse de Londres de 3,2 %. Parmi les autres places financières, la Bourse de Milan a lâché 3,5 % et celle de Madrid, 2,8 %.

L’arrestation ne permet toutefois pas à elle seule d’expliquer une telle débâcle des marchés actions, a estimé Andrea Tueni, un analyste de Saxo Banque. « C’est un ensemble d’événements [qui jouent]. Il y a bien sûr ce dossier commercial sur lequel il n’y a pas beaucoup d’optimisme des investisseurs, mais il y a également des craintes sur la croissance et sur la situation économique », a expliqué M. Tueni.

Pas de signe de récession

Sur ce thème, la directrice générale du Fonds monétaire international a estimé jeudi que les États-Unis ne devraient pas, à court terme, être frappés par une récession. « Et nous avons toujours une prévision de croissance plutôt forte pour l’année prochaine pour les États-Unis », a déclaré Christine Lagarde sur la chaîne CNBC. Elle a par ailleurs estimé que la banque centrale américaine allait afficher une position plus accommodante, avec peut-être moins de hausses des taux prévues pour 2019.

Ce qui n’a pas empêché les cours du pétrole de terminer en nette baisse jeudi, perturbés par les apparentes difficultés des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à trouver un compromis sur les modalités d’une baisse de leur production d’or noir. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a cédé 1,50 $US ou 2,4 % pour finir à 60,33 $US. À New York le baril de WTI pour janvier a perdu 1,40 $US ou 2,6 % pour terminer à 51,49 $US.

Jeudi, tous les yeux étaient tournés vers la réunion plénière des membres de l’OPEP, qui se tenait à Vienne. Or les membres du cartel ont bouclé leur première journée de discussions sans parvenir à s’entendre. Le ministre saoudien de l’Énergie, Khaled al-Faleh, a créé la surprise en exprimant ses doutes sur la possibilité même d’un accord final alors qu’une nouvelle rencontre aura lieu vendredi.

Le Canada ressent l’impact

Au-delà de ces tractations, l’incidence négative de la faiblesse des prix du pétrole, particulièrement dans l’Ouest canadien, se répercutera sur l’ensemble de l’économie du pays, a prévenu jeudi le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz. « Il apparaît déjà qu’un ajustement douloureux s’amorce pour l’Ouest canadien, et cela aura un important effet macroéconomique sur le pays. Cela dit, étant donné la consolidation qui s’est opérée dans le secteur de l’énergie depuis 2014, les effets nets de la baisse des prix du pétrole sur l’économie canadienne dans son ensemble devraient, en parts égales, être moins prononcés qu’en 2015. »

La part de la production de pétrole et de gaz naturel dans l’économie canadienne ne représentait plus que 3,5 %, comparativement à 6 % en 2014. Et en 2015, environ 30 % de tous les investissements des entreprises au Canada étaient dans le secteur pétrolier et gazier, alors qu’ils ne représentent plus qu’environ 18 % aujourd’hui.

Malgré ce nouveau recul des prix du pétrole, M. Poloz a estimé jeudi que les futures hausses de taux seront probablement plus progressives. « Le niveau actuel des taux d’intérêt demeure approprié pour le moment, a affirmé M. Poloz. Nous estimons encore que le taux d’intérêt directeur devra augmenter […]. Bien entendu, le rythme de ce processus dépendra fortement des données. »

Avec Le Devoir