Vif recul des marchés après les propos de Trump

Le Nasdaq a terminé en baisse de 3,7% à 6798,15, le S&P 500, plus large baromètre du marché, a reculé de 3,2% à 2702,30 et le Dow Jones a cédé 3,1% à 25 045,90.
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse Le Nasdaq a terminé en baisse de 3,7% à 6798,15, le S&P 500, plus large baromètre du marché, a reculé de 3,2% à 2702,30 et le Dow Jones a cédé 3,1% à 25 045,90.

Le président américain qui se décrit soudainement comme un « homme de tarifs » et des mouvements préoccupants sur le marché obligataire : il ne fallait pas plus que ce duo pour envoyer les indices boursiers de nouveau en baisse de plus de 3 % mardi et soulever des questions sur la suite des choses.

Les principales Bourses nord-américaines ont entamé leur descente en fin de matinée, après des propos étonnants de Donald Trump qui était, quelques jours auparavant, sorti du G20 avec une trêve dans le bras de fer commercial qui l’oppose à la Chine. Une heure avant la fermeture des marchés, la course vers le bas s’est accélérée.

La journée a débuté sur les chapeaux de roues lorsque le président américain a laissé entendre sur Twitter que, si jamais les pourparlers avec Pékin échouaient, l’imposition de tarifs serait plus que jamais de mise. L’imposition de tarifs à la frontière peut causer des maux de tête au sein d’une économie locale en raison d’un transfert des coûts supplémentaires vers le portefeuille des entreprises et des consommateurs.

Le Nasdaq a terminé en baisse de 3,7 % à 6798,15, le S&P 500, plus large baromètre du marché, a reculé de 3,2 % à 2702,30 et le Dow Jones a cédé 3,1 % à 25 045,90. Des titres comme Apple et Amazon, par exemple, ont perdu respectivement 4 % et 6 %.

À Toronto, l’indice principal du TSX a laissé filer 1,4 % à 15 063,59. Parmi les titres en baisse figuraient plusieurs banques, dont la Scotia (–1,2 %), la Banque de Montréal (–3,9 %) et la Royale (–0,8 %). Dans le secteur énergétique, Canadian Natural Resources, dans les sables bitumineux, a reculé de 2,1 %, alors que le producteur gazier Encana a perdu 5,1 %.

Les turbulences des dernières semaines ont effacé les gains réalisés depuis le début de l’année. À ce jour en 2018, le S&P 500, par exemple, est essentiellement au même point qu’en janvier. Sensible à d’autres facteurs également, comme le prix des matières premières, l’indice TSX est en baisse de plus de 8 % sur l’année.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui donne l’image d’un chat échaudé. Les marchés ont cru, pour une raison ou une autre, que des progrès avaient été faits au G20, et tout à coup ça semble plus mystérieux, et les marchés ont l’impression de s’être fait mentir », a dit à l’agence Bloomberg un directeur général de la firme Robert W Baird Co.

Alors que l’économie roule encore à plein régime, les perspectives se sont légèrement embrouillées au cours des derniers jours avec les propos du président de la Réserve fédérale américaine. Après avoir insinué il y a quelques mois que la Fed n’avait pas fini de rehausser son taux directeur, il a laissé entendre la semaine dernière que la fin du cycle approche.

Phénomène des courbes

Mais les marchés réagissent aussi à l’inversion de la courbe des rendements, un phénomène peu fréquent qui peut annoncer des problèmes économiques, dont une éventuelle récession. Résultat d’une certaine nervosité, le cours des obligations à plus court terme a diminué. Cela s’est soldé, en raison d’un effet purement mécanique, par une hausse de leur rendement à échéance.

Ainsi, pour la première fois depuis des années, le rendement sur les obligations du gouvernement américain de 2 ans (2,79 %) a rejoint celui des obligations qui ont une échéance de 5 ans (2,79 %). Cet aplatissement de la courbe serait encore plus inquiétant s’il touchait aussi la relation entre le rendement des obligations de 2 ans et celles de 10 ans (2,91 %), car ce phénomène a eu lieu avant chaque récession depuis les années 1950.

« Bien qu’il soit beaucoup trop prématuré de parler de récession pour l’instant, le marché est clairement en train de nous dire que la croissance et l’inflation vont ralentir l’an prochain », a dit à l’Agence France-Presse Karl Haeling, de LBBW.