Visiter son futur chez-soi comme si on y était

Le groupe indien Lodha a fait appel au studio montréalais Cadabra pour promouvoir la 2e phase de son mégaprojet et atteindre son objectif de 500 000 habitants d’ici 2025 dans la ville de Palava.
Photo: XYZ Technologie culturelle Le groupe indien Lodha a fait appel au studio montréalais Cadabra pour promouvoir la 2e phase de son mégaprojet et atteindre son objectif de 500 000 habitants d’ici 2025 dans la ville de Palava.

Le groupe Lodha, l’un des principaux promoteurs immobiliers de l’Inde, a fait appel au studio montréalais Cadabra pour convaincre de futurs acheteurs de s’installer à Palava, une nouvelle ville hors du commun située près de Mumbai. L’outil de vente développé ici est tout aussi inusité : une visite virtuelle qui stimule tous les sens… et qui pourrait « faire des petits ».

On découvre d’abord la ville à partir de la rivière qui la sillonne. On sent la brise et quelques gouttelettes d’eau à bord de notre embarcation avant qu’elle n’accoste à proximité d’une tour d’habitation immaculée. Le reste de la visite se fait en voiturette électrique, puis à bord d’un drone. On passe par une place publique achalandée, près d’un parc qui attire des familles et à proximité d’un centre commercial abritant des boutiques haut de gamme. Sans oublier le parc d’attractions, les espaces verts et les luxueux appartements.

Pendant six minutes, la ville indienne imaginée par le promoteur immobilier Lodha prend vie en images, en sons, en sensations et en odeurs. Puis, plus rien. On retire le casque de réalité virtuelle qu’on avait sur la tête, on quitte notre siège situé dans une pièce sombre et on est soudainement de retour dans un entrepôt de Rosemont–La Petite-Patrie.

C’est ici, dans les locaux de Cadabra, une division de la compagnie montréalaise XYZ Technologie culturelle, que cette expérience immersive a été créée. La toute première visite virtuelle en 4D conçue spécialement pour des promoteurs immobiliers à travers le monde, précise son idéateur, Jacques Larue. Et sans doute pas la dernière.

« Quand on voit un chantier de construction, c’est plus difficile de se faire une idée, mais avec notre produit, ça accélère la prise de décision pour l’achat », explique cet associé d’XYZ.

Une ville hors norme

L’expérience virtuelle conçue par une cinquantaine d’employés au coût de 1,4 million de dollars montre ce que pourrait devenir Palava, une ville « intelligente » de 18 kilomètres carrés que ses promoteurs présentent comme un endroit rêvé pour vivre, apprendre, travailler et jouer. Il s’agit aussi d’une cité établie au milieu des montagnes, que plusieurs décrivent plutôt comme une forteresse permettant aux classes aisées de tenir les plus pauvres à l’écart.

Les premiers résidents s’y sont établis en 2014 et la population de la ville atteint désormais près de 100 000 personnes. Lodha a fait appel à Cadabra pour promouvoir la 2e phase de son mégaprojet et atteindre son objectif de 500 000 habitants d’ici 2025.

«L’expérience virtuelle va nous aider pour les communications et la vente, explique Shaishav Dharia, le directeur régional du groupe Lodha. C’est rare qu’on trouve une compagnie qui a à la fois des capacités techniques et de la créativité. Avec Cadabra, on a trouvé les deux. »

L’entreprise montréalaise livrera ses premiers sièges en Inde cet hiver. La société indienne compte en installer à Palava, mais aussi dans des centres commerciaux ou des aéroports.

Le groupe Lodha a choisi de faire affaire avec Cadabra après une première collaboration fructueuse en 2013. Le studio montréalais avait alors conçu une maquette géante de la future ville, animée grâce à des projecteurs.

Avec la visite virtuelle en 4D, Cadabra a tenté de pousser l’audace plus loin. Le résultat a plu à Lodha, et il pourrait attirer d’autres gros joueurs du secteur.

« Ça pourrait assurément faire des petits, prédit M. Larue. Les gens de Lodha sont venus ce matin et ils nous ont dit qu’il y a un marché incroyable pour ça. Qu’il y a d’autres compagnies en Inde qui auraient besoin d’une expérience comme ça. »

Le projet a déjà piqué la curiosité de Mahindra, un autre géant indien. « Je les ai rencontrés il y a un mois parce qu’ils veulent une expérience semblable », dit-il.

Rien n’est encore signé, mais M. Larue ne craint pas vraiment la concurrence. « Le genre de projets qu’on fait, il n’y a pas beaucoup de compagnies qui sont capables de les faire. »