Les PME québécoises prennent goût aux marchés d’exportation

Les PME québécoises s’intéressent de plus en plus aux marchés d’exportation pour élargir leur terrain de jeu.
Photo: Getty Images Les PME québécoises s’intéressent de plus en plus aux marchés d’exportation pour élargir leur terrain de jeu.

Les PME québécoises s’intéressent de plus en plus aux marchés d’exportation pour élargir leur terrain de jeu et profiter des occasions offertes par les nouveaux accords de libre-échange et en dépit de Donald Trump.

Commerce international Québec, le réseau des organismes régionaux de promotion des exportations auprès des PME du Québec (ORPEX), a tenu cette semaine la première édition d’un gala récompensant les entreprises s’étant le plus démarquées sur la scène étrangère. Le grand gagnant de cette année a été Triotech, une entreprise partagée entre Montréal et Joliette et spécialisée dans la création de systèmes de jeu et de divertissement interactifs de haute technologie vendus dans une soixantaine de pays.

« De plus en plus de PME commencent à se sentir à l’étroit dans le marché québécois et cherchent de nouveaux débouchés », observe Carole Doussin, présidente de Commerce international Québec. Longtemps considérées comme très à la traîne des grandes entreprises en matière d’exportations, les PME ont entrepris un rattrapage ces dernières années. Elles sont aujourd’hui responsables de presque la moitié (40 %) des exportations hors Québec, dont la majeure partie vers des pays étrangers, et le reste vers les provinces voisines de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.

Les États-Unis, en particulier les États du Nord-Est américain, restent leur destination de prédilection pour des raisons évidentes de proximité géographique et économique, en dépit des obstacles au commerce que s’ingénie à dresser depuis deux ans le président américain, Donald Trump. Les tarifs, le resserrement des contrôles aux douanes et l’imposition de nouvelles formalités font toutefois plus office « d’embûches supplémentaires que de véritable empêchement à accéder au marché américain », estime Carole Doussin. « Cela force les entreprises à faire preuve de beaucoup d’agilité et de capacité d’adaptation, parce que les règles changent tout le temps. Ce n’est pas facile pour plusieurs d’entre elles qui ne disposent pas de l’expertise et des ressources humaines des grandes entreprises. »

On retrouve, parmi ces exportateurs québécois, des entreprises de tous les secteurs, y compris en haute technologie. « La réputation des produits canadiens est très bonne à l’étranger. »

Les PME québécoises ont longtemps eu tendance à se montrer timides en matière d’exportations, parce qu’elles se pensaient trop petites pour se lancer à la conquête de marchés étrangers. Mais on les sent aujourd’hui en train de se décomplexer.

 

Au-delà des États-Unis

Les visées des PME québécoises ne se limitent toutefois plus au seul marché américain, ajoute la présidente de Commerce international Québec, qui regroupe une vingtaine d’ORPEX répartis sur l’ensemble du territoire. « Il y a cinq ans, je vous aurais dit que les États-Unis représentaient 90 % de leurs exportations à l’étranger, mais aujourd’hui je dirais entre 75 et 80 %. »

L’Europe est l’un de ces marchés où les entreprises commencent de plus en plus à trouver leurs aises à la faveur, notamment, du nouvel Accord économique et commercial global (AECG) entré en vigueur il y a un an entre le Canada et l’Union européenne. « C’est un apprentissage, parce que les normes et les façons de faire ne sont pas les mêmes entre l’Amérique et l’Europe, mais il est en cours et on sent un rattrapage » des entreprises québécoises et canadiennes par rapport à leur vis-à-vis européennes, qui semblent, pour le moment, être celles qui profitent le plus de l’entente commerciale.

Les PME québécoises regardent aussi de plus en plus du côté de l’Asie, dit Carole Doussin, notamment de la Chine — en raison de sa taille — et de la Corée du Sud — en raison de l’accord de libre-échange récemment conclu avec le Canada. L’imminente entrée en vigueur du Partenariat transpacifique ratifié il y a deux semaines par le Canada devrait aider les choses.

« Les PME québécoises ont longtemps eu tendance à se montrer timides en matière d’exportations, parce qu’elles se pensaient trop petites pour se lancer à la conquête de marchés étrangers. Mais on les sent aujourd’hui en train de se décomplexer. »