Sanctions contre l’Iran: les inquiétudes sur le pétrole pourraient revenir

Le maintien de l’offre mondiale pourrait s’avérer très difficile, a averti l’Agence internationale de l’énergie.
Photo: Atta Kenare Agence France-Presse Le maintien de l’offre mondiale pourrait s’avérer très difficile, a averti l’Agence internationale de l’énergie.

Les inquiétudes sur l’offre pétrolière mondiale pourraient revenir prochainement avec les sanctions américaines contre l’Iran, a mis en garde l’Agence internationale de l’énergie (AIE) vendredi.

Dans son rapport mensuel sur le pétrole, l’agence observe un « retour au calme du marché » mais estime qu’il « pourrait ne pas durer ». « Quand les sanctions pétrolières contre l’Iran prendront effet, peut-être conjointement avec des problèmes de production ailleurs, le maintien de l’offre mondiale pourrait s’avérer très difficile », avertit-elle.

Les perspectives pour le marché pourraient s’avérer alors « beaucoup moins calmes » qu’elles ne le sont aujourd’hui, estime l’agence basée à Paris.

Les États-Unis ont demandé à tous les pays de cesser complètement leurs importations de pétrole iranien d’ici le 4 novembre s’ils veulent éviter des sanctions. Le dernier train de sanctions s’était traduit par une chute des exportations de brut de 1,2 million de barils par jour (mbj), mais « cette fois-ci l’impact pourrait être encore plus sévère », selon le rapport.

L’AIE note toutefois que, pour l’instant, les inquiétudes sur l’offre se sont calmées, même si elle fait état d’un déclin-surprise de la production saoudienne en juillet : elle a en effet baissé de 110 000 barils par jour (b/j) à 10,35 mbj, avec un déclin des exportations. Le royaume s’était pourtant récemment engagé à accroître ses extractions pour limiter la hausse des cours. Cette baisse a cependant été compensée par une production plus importante des Émirats arabes unis, du Koweït et du Nigeria.

Côté demande, l’AIE a légèrement revu à la hausse (+110 000 b/j) ses prévisions de croissance pour l’année prochaine, mais elle a prévenu que d’importantes incertitudes pesaient sur cette prévision. Les guerres commerciales pourraient en particulier s’aggraver et se traduire par un ralentissement économique et une demande pétrolière plus faible.