Le locatif change la donne du marché immobilier

La construction résidentielle au Québec connaît un rythme soutenu, dans les segments du locatif et la copropriété.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La construction résidentielle au Québec connaît un rythme soutenu, dans les segments du locatif et la copropriété.

Le logement locatif change la donne sur le marché immobilier. Les mises en chantier ont été soutenues en juin et les données sur les permis de construire délivrés présagent une continuité du mouvement dans ce segment.

La tendance des mises en chantier d’habitations, qui s’appuie sur la moyenne mobile de six mois, s’est chiffrée à 222 041 en juin, comparativement à 216 701 le mois précédent.

Les données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) indiquent que cette hausse bénéficie de « l’impulsion du nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé de logements collectifs dans les centres urbains, qui a atteint en juin un sommet sans précédent ».

222 041
Il s’agit du chiffre de la tendance des mises en chantier d’habitations au Canada, qui s’appuie sur la moyenne mobile de six mois, pour le mois de juin, comparativement à 216 701 le mois précédent.

Source : la Société canadienne d’hypothèques et de logement

Bob Dugan, économiste en chef de la SCHL, ajoute que « le stock national de logements collectifs nouvellement achevés et invendus est demeuré inférieur à la moyenne historique sur dix ans jusqu’à maintenant en 2018, ce qui indique que la demande pour ce type de logements a absorbé l’offre accrue ».

« Les détails du rapport montrent que l’expansion proviendrait de l’Ontario et du Québec, et en particulier de Toronto et de Montréal, où ont été observées des hausses mensuelles respectives de 231 % et 68 % des mises en chantier de logements collectifs », commentent les économistes de la Banque Nationale.

Au Québec, pour les six premiers mois de l’année, la SCHL parle d’un rythme relativement fort de la construction résidentielle, attribuable au segment des immeubles d’appartements comprenant, ici, le locatif et la copropriété. « La conjoncture économique favorable, la diminution de l’offre sur le marché de la revente, ainsi que le vieillissement démographique ont chacun contribué à la hausse des mises en chantier », peut-on lire dans le rapport.

Permis de bâtir

Cette demande pour le locatif trouve écho dans les données de Statistique Canada sur les permis de bâtir délivrés par les municipalités. En mai, la valeur des permis s’est chiffrée à 8,2 milliards, soit une hausse de 4,7 % par rapport au mois précédent, de 12,7 % sur un an. Dans le secteur résidentiel, la valeur des permis de bâtir s’est établie à 5,5 milliards en mai, en hausse de 7,7 % par rapport à avril. « Il s’agit de la deuxième valeur en importance jamais enregistrée, après le sommet de 5,7 milliards de dollars atteint en octobre 2016 », indique l’agence fédérale.

Dans la composante des logements multifamiliaux, la valeur des permis a atteint un sommet de 3,1 milliards en mai, sous l’effet de la hausse des intentions de construction en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta. La poussée sur un an atteint 24,3 %. Dans la composante des logements unifamiliaux, la valeur des permis a également augmenté en mai pour se chiffrer à 2,5 milliards, en hausse de 6,2 % par rapport au mois précédent. « Il s’agit de la première augmentation après quatre baisses mensuelles consécutives. »

Statistique Canada ajoute que les municipalités ont approuvé la construction de 21 344 nouveaux logements en mai, soit 6,6 % de plus qu’en avril. Une croissance principalement attribuable aux logements multifamiliaux, dont le nombre a augmenté de 7,4 % pour atteindre 15 983 nouvelles unités. Les logements unifamiliaux ont quant à eux inscrit une hausse de 4,3 % pour s’établir à 5361 nouvelles unités.