Une révolution technologique désastreuse pour les pays pauvres

Les problèmes auxquels font face plusieurs pays en développement sont nombreux et importants. Si rien n’est fait, tout porte à croire que ces maux seront encore aggravés par la révolution technologique en cours.
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Les problèmes auxquels font face plusieurs pays en développement sont nombreux et importants. Si rien n’est fait, tout porte à croire que ces maux seront encore aggravés par la révolution technologique en cours.

La prochaine révolution technologique pourrait bien exacerber les problèmes auxquels sont confrontées nos sociétés, notamment dans les pays les plus pauvres, préviennent des experts.

 
70 %
Le pourcentage des 16 000 milliards ajoutés par l’intelligence artificielle à l’économie mondiale en 2030 qui sera accaparé par l’Amérique du Nord et la Chine.

Retard économique par rapport au Nord, inégalités croissantes des revenus, jeunes laissés en marge de l’économie, violence et discrimination contre les femmes et les minorités, régimes autoritaires, tensions sociales… Les problèmes que doivent affronter plusieurs pays en développement sont nombreux et importants. Si rien n’est fait, tout porte à croire que ces maux seront encore aggravés par la révolution technologique en cours, notamment en matière d’intelligence artificielle (IA), prévient un document de réflexion dévoilé mercredi par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI).

Selon une étude, l’IA ajoutera près de 16 000 milliards à l’économie mondiale en 2030, mais 70 % de cette nouvelle richesse sera accaparée par l’Amérique du Nord et la Chine et 10 % seulement ira à l’ensemble des pays du Sud. Chez ces derniers, l’IA risque également de faire plus cruellement sentir encore leur déficit d’infrastructures de communication, le retard de leurs systèmes d’éducation et l’absence de filet social pour venir en aide aux victimes des changements technologiques. L’utilisation des mégadonnées et des médias sociaux risque aussi de devenir une arme redoutable contre la paix sociale et les plus démunis.

On a aussi des exemples d’utilisation de l’IA qui ont permis de détecter des maladies, d’adapter la formation, de faciliter les échanges commerciaux et d’aider à défendre des droits plus efficacement et à meilleur coût, ont noté les panélistes. « Mais tous ces nouveaux outils sont encore trop souvent développés par et pour des hommes blancs de la Silicon Valley », a déploré Malavika Jayaram, directrice du centre de recherche Digital Asia Hub à Hong Kong.

« C’est un tableau assez désastreux, a reconnu l’un des auteurs du rapport du CRDI, Matthew Smith. Heureusement, il ne fait que le portrait de tendances lourdes, et cet avenir reste encore à écrire. »