Découvrir la face cachée de l’entrepreneuriat

Chaque semaine, vous franchirez une à une les étapes par lesquelles doivent passer les nouveaux entrepreneurs en suivant le parcours de Simon Bédard (à gauche), qui a cofondé Clinia.ca, entreprise à laquelle s’est joint Etienne Soulard Geoffrion (à droite).
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Chaque semaine, vous franchirez une à une les étapes par lesquelles doivent passer les nouveaux entrepreneurs en suivant le parcours de Simon Bédard (à gauche), qui a cofondé Clinia.ca, entreprise à laquelle s’est joint Etienne Soulard Geoffrion (à droite).

Avez-vous déjà rêvé de créer votre propre entreprise ? Mais au-delà des histoires d’entrepreneurs à succès devenus millionnaires, savez-vous vraiment ce que ça implique ? Pour découvrir la face cachée du monde des entreprises en démarrage, Le Devoir lance jeudi « Le mythe start-up », un balado qui vous emmène dans les coulisses d’un univers trop souvent idéalisé.

Depuis quelques années, le Québec vibre au rythme des jeunes pousses (start-up). Les incubateurs d’entreprises se multiplient, l’écosystème grossit et, surtout, l’intérêt des Québécois pour l’entrepreneuriat ne fléchit pas.

Au Québec, plus d’une personne sur quatre dit qu’elle a l’intention, un jour, de créer ou de reprendre une entreprise, selon l’indice entrepreneurial québécois 2017. L’intérêt est particulièrement marqué chez les 18-34 ans : parmi ce groupe, l’intention de se lancer en affaires s’élève à 40,9 %, et frôle les 50 % chez les hommes.

Sans doute inspirés par les exemples récents de compagnies américaines comme Facebook, Uber ou Airbnb qui sont devenues des géants en l’espace de quelques années, ces entrepreneurs en devenir sont avant tout animés par la volonté de réaliser leur rêve, révèle le même rapport.

Mais parmi ceux qui oseront se lancer en affaires, combien savent ce qui les attend ?

Écoutez «Le mythe start-up»

Disponible sur iTunes ou sur Google Play. Abonnez-vous pour découvrir les prochains épisodes dès qu'ils seront en ligne. Vous pouvez aussi l'écouter ci-dessous.

 

Échec fréquent

Pendant près d’un an, Le Devoir vous a présenté des entrepreneurs dont les idées pourraient bouleverser un jour votre quotidien. Dans bien des cas, ces histoires inspirantes ne disent cependant pas tout. Elles ne montrent pas à quel point l’aventure entrepreneuriale peut être éprouvante et l’échec, fréquent.

La plus récente étude d’envergure réalisée par le gouvernement du Québec au sujet du taux de survie des nouvelles entreprises au Québec montre que, parmi les compagnies créées entre 1992 et 2000, seulement la moitié de celles comptant cinq employés et plus ont survécu cinq ans. Pour ce qui est des compagnies de moins de cinq employés, seulement le tiers a franchi ce cap symbolique.

Aux États-Unis, la croyance relayée abondamment veut que neuf jeunes pousses sur dix échouent. Une étude effectuée par la firme Cambridge Associates, qui a analysé les investissements effectués dans plus de 27 000 start-up entre 1990 et 2010, évoque toutefois un taux d’échec plus bas, qui n’aurait pas excédé 60 % depuis 2001. Chose certaine, le succès d’une entreprise en démarrage est loin d’être assuré.

Pour déboulonner certains mythes tenaces et ajouter un peu de réalisme à l’aventure entrepreneuriale, Le Devoir lance donc jeudi un balado en six épisodes. Chaque semaine, vous franchirez une à une les étapes par lesquelles doivent passer les nouveaux entrepreneurs en suivant le parcours de Simon Bédard, qui a accepté de raconter son expérience en toute franchise.

Il y a environ deux ans, ce jeune Montréalais dans la vingtaine a cofondé Clinia.ca, une plateforme en ligne pour les professionnels de la santé. « Tu n’as aucune idée des sacrifices que tu vas avoir à faire quand tu te lances en affaires », lance-t-il.

Épisode 1 : l’idée

Le premier épisode du balado « Le mythe start-up » s’attarde à l’idée. Celle qu’on cherche désespérément ou qu’on trouve sans le vouloir, mais qui est indispensable pour se lancer en affaires.

Simon Bédard a trouvé la sienne en découvrant la nécessité de mettre en contact des patients qui cherchent un professionnel de la santé et des cliniques médicales privées qui veulent accroître leur visibilité.

Il a fait ses premiers pas en contactant une centaine de cliniques avant même d’avoir un produit en main. Et son audace a porté ses fruits. « À ma grande surprise, il y a plusieurs de ces cliniques qui ont accepté. Elles m’ont même fait parvenir un chèque, que j’ai encaissé, raconte-t-il dans l’épisode. Je me suis réveillé un matin et je me suis dit : “J’ai tel montant d’argent dans le compte de banque, qui est un montant assez substantiel, mais je n’ai encore rien développé.” »

Chaque épisode du balado donnera aussi la parole à des experts de l’écosystème québécois des entreprises en démarrage, qui éclaireront le sujet de la semaine grâce à leur expérience. Selon Marc-Antoine Ducas, président de l’entreprise Netlift et entrepreneur en série, on surestime beaucoup l’importance de l’idée en entrepreneuriat.

« C’est un peu une définition du XIXe siècle, à l’époque où on découvrait un bidule vraiment fondamental, dit-il. Nous sommes à une époque où les idées sont universellement accessibles et où ce qui compte vraiment, c’est la capacité de les exécuter. »

Les épisodes du balado Le mythe start-up seront diffusés chaque jeudi. Vous pouvez les écouter sur le site Web du Devoir ou sur votre lecteur de balado préféré.

Ces géants dont les idées ont évolué

Tiffany Co. Cette entreprise de renom n’a pas toujours vendu des bijoux dans de jolies boîtes turquoise. Au départ, elle se spécialisait plutôt dans les produits de papeterie.

IBM. Après sa fondation en 1911, la compagnie américaine a d’abord vendu des balances commerciales et des machines pour lire les cartes perforées. Elle est aujourd’hui reconnue pour ses logiciels et ses services de consultation.

Hasbro. Avant le lancement du légendaire « Monsieur Patate » en 1952, l’entreprise ne fabriquait pas de jouets. Elle vendait plutôt du textile et du matériel pour les écoliers, comme des boîtes à crayons.

DuPont. Éleuthère Irénée du Pont a donné son nom à une compagnie en 1802 afin de mettre sur pied une usine de poudre à canon. Son entreprise est plus tard devenue un gigantesque groupe industriel associé notamment au développement du téflon, du kevlar et du lycra.